Séparation des activités bancaires: François Hollande choisit la voie de l'efficacité

Rassemblés hier autour des citoyens et militants socialistes au Bourget, François Hollande a annoncé que les banques seront obligées de séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives s'il est élu. Il rallie ainsi l'approche britannique qui repose sur le principe d'une compartimentation des activités de dépôt et d'investissement au sein des groupes bancaires existants. 

Rassemblés hier autour des citoyens et militants socialistes au Bourget, François Hollande a annoncé que les banques seront obligées de séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives s'il est élu. Il rallie ainsi l'approche britannique qui repose sur le principe d'une compartimentation des activités de dépôt et d'investissement au sein des groupes bancaires existants. 

La séparation des activités bancaires constitue une garantie vis-à-vis de la transmission des risques de marché vers le secteur bancaire commercial et partant vers l'ensemble de l'économie. Elle doit permettre de réduire les problèmes de financement des entreprises, des ménages et des autorités publiques en période de crise financière. Elle doit limiter l'implication des ressources publiques et faciliter les procédures de restructuration bancaire lorsqu'un établissement bancaire ne peut plus faire face à ses engagements. Enfin, elle doit favoriser la concurrence entre banques commerciales, au bénéfice de consommateurs.

Cette stratégie de compartimentation des risques se traduirait par la constitution de banques commerciales autonomes à l'intérieur des groupes bancaires. Ces banques se verraient interdites d'agir sur les marchés financiers et ne pourraient offrir leurs services qu'aux ménages et aux entreprises non financières de l'espace européen. Certains experts défendent le principe d'une mise en oeuvre graduelle de la compartimentation, permettant de mieux prendre en compte la situation financière actuelle du secteur bancaire.

La séparation complète des activités, défendue par certains économistes, aurait constitué une approche beaucoup plus lourde. Elle ne peut se faire sans harmonisation du droit européen sur ces questions. Elle s'avère beaucoup plus coûteuse que les systèmes de la compartimentation des risques, pour un résultat proche. Enfin elle réduit les synergies entre métiers bancaires.

En choisissant l'approche du "ring fencing", le candidat socialiste opte donc pour une réforme moderne et réaliste des métiers bancaires. 

A retenir:

  • François Hollande a fait un choix fort sur la restructuration des métiers bancaires, annonçant une séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des groupes bancaires existants;
  • Cette séparation des activités doit permettre de réduire la transmission des risques au sein du secteur bancaire et entre les banques et l'économie réelle ;
  • Elle s'inscrit dans l'effort de modernisation du secteur bancaire en Europe et s'avère préférable à un démantèlement des groupes bancaires;
  • VIGI-ECO avait reçu Sir John Vickers, un des principaux acteurs de la réforme bancaire britannique, au Sénat le 9 janvier dernier et défendu alors le principe de la compartimentation des activités bancaires. Un compte rendu de la réunion est disponible ici.

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