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Billet de blog 2 janvier 2026

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Rosa Luxemburg, 3 janvier 1919

2025 est terminé. Janvier est là. Rappel que ce mois fut celui de l'assassinat d'une pensée et d'une action politique. Le 15 janvier 1919 étaient tués Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, et tout au long de ce début d'année, c'est la révolution tout entière qui mourait sous les coup d'une social-démocratie réformiste, des forces d'extrême-droite sanguinaires et des puissances impérialistes unies.

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En guise de voeux, ce texte et avec au coeur,

La Palestine, Gaza génocidé et l'angoisse de l'avancée ailleurs et ici du fascisme.

En ce mois de janvier, le blog comprendre-avec-rosa-luxemburg a entamé la publication en allemand et en français des textes de Rosa Luxemburg de janvier 1919. Textes qui suivent la création du nouveau parti et vont jusqu'à l’assassinat. Le blog veut ainsi contribuer à faire prendre conscience de ce que voulait réellement ce courant politique incarné par Luxemburg, Liebknecht, Zetkin, Mehring, Jogiches ... . Pour cela l'accès aux sources reste essentiel. Les textes publiés par Rosa Luxemburg dans la Rote Fahne ne sont pas facilement disponibles en français. Nous les mettons ces jours à disposition. Voici en guise de voeux  le 1er. : "Le premier Congrès du parti" publié dans le journal Die Rote Fahne, journal qui accompagna la révolution.

Les textes en allemand : : https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2025/12/les-textes-de-janvier-1919-de-rosa-luxemburg.html

Le 1er texte : https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2025/12/le-premier-congres-du-parti-die-rote-fahne-du-3-janvier-1919.textes-de-janvier-1919-de-rosa-luxemburg.html


Le 31 décembre 1918 est créé le nouveau parti par le courant de Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Clara Zetkin, Franz Mehrind, Leo Jogiches ... . Une discusssion sur le nom eut lieu entre Parti socialiste ou communiste. Ce fut la deuxième dénomination qui fut décidée. 15 jours plus tard Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht étaient assassinés, en mars Leo Jogiches. Quelle aurait été la politique défendue avec eux vivants. Ce texte de Rosa Luxemburg nous donne des pistes, d'où son importance.


Le premier congrès du parti - « Die Rote Fahne » du 3 janvier 1919

L'avant-garde révolutionnaire du prolétariat allemand s'est regroupée pour former un parti politique indépendant. La fondation du Parti communiste allemand s'est déroulée, comme le groupe Spartacus l'avait dès le début délibérément envisagé et prévu dans le cadre de sa conception générale, non pas dans une logique de groupuscule, ni comme une scission « fabriquée » de leur propre chef et à huis clos par une poignée de dirigeants radicaux. Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires. La création du Parti communiste se rattache au tournant qui clôt la première phase de la révolution allemande et ouvre la deuxième.

Les illusions du 9 novembre sont détruites, ses insuffisances sont apparues au grand jour. D'un côté, la contre-révolution d'Ebert-Scheidemann, démasquée, entraîne le déploiement impétueux et impitoyable du drapeau révolutionnaire de l’autre, le brusque virage à droite à la tête officielle de l'Empire conditionne une orientation énergique vers la gauche au sein des masses ouvrières et des soldats.

La clarification des contradictions, l'intensification de la lutte, la maturation et l'autodétermination de la révolution, tels sont les moments qui ont donné naissance au Parti communiste allemand et qu’il est appelé à servir. Le ralliement des groupes communistes internationaux de même que les négociations engagées en vue de la fusion organisationnelle du parti nouvellement fondé avec les délégués révolutionnaires et les représentants syndicaux des grandes entreprises berlinoises doivent être considérés comme des manifestations partielles de ce processus. Même si les négociations n'ont pour l'instant pas abouti à un résultat positif, elles n’en sont pas moins que le début d'un processus tout à fait naturel et inéluctable d'unification de tous les éléments véritablement prolétaires et révolutionnaires dans un cadre organisationnel. Le fait que les délégués révolutionnaires du Grand Berlin, représentants moraux du noyau dur du prolétariat berlinois, s'allient à la Ligue spartakiste, la preuve en a été donnée par la coopération des deux parties dans toutes les actions révolutionnaires menées jusqu'à présent par les travailleurs berlinois. Ces liens forgés par l'action sont la seule base réelle et véritable de l'union organisationnelle, ils sont nés des intérêts de classe des masses prolétaires, des intérêts vitaux de la révolution, et c'est là que réside la garantie que la logique interne des choses conduira tôt ou tard les délégués et les responsables révolutionnaires vers le seul camp purement prolétarien et révolutionnaire, vers le communisme. Les hésitations, les indécisions qui font encore obstacle à cette démarche sont elles-mêmes un vestige du processus de décomposition de l'USP, un reste des demi-mesures destructrices et paralysantes qui causent la perte de ce parti. Il est donc certain que les éléments sains et véritablement révolutionnaires de l'USP dépasseront également ce dernier vestige, qu'ils devront très bientôt se sauver loin de l'atmosphère étouffante du parti, qui n'est en réalité plus qu’un cadavre, pour rejoindre le lieu où la lutte révolutionnaire a trouvé son expression la plus claire et la plus déterminée.

La révolution appelle en effet d'une voix impérieuse à agir de manière concertée sans perdre de temps. Avec le passage à sa deuxième phase, elle a considérablement accru les tâches qu'elle impose aux masses prolétariennes, élargi considérablement son cadre et enfoncé plus profondément son soc révolutionnaire dans le sol. Le passage de la révolution principalement le fait de soldats du 9 novembre à une révolution ouvrière clairement exprimée, du bouleversement superficiel et purement politique au long processus de confrontation économique générale entre le travail et le capital, exige de la classe ouvrière révolutionnaire un tout autre degré de maturité politique, de formation et de ténacité que celui qui suffisait dans la première phase initiale.

Il s'agit désormais de remplacer partout l'ambiance révolutionnaire par une conviction révolutionnaire inébranlable, et le caractère spontané par une démarche systématique systématique. Il s'agit, enrichis de toute la somme des expériences acquises au cours de la première période, de poser désormais les fondements de la construction socialiste. Il faut transformer le système des conseils ouvriers et de soldats, qui était une improvisation du moment, en une armure d'acier qui garantit au prolétariat tout le pouvoir public de la société.

Et encore une chose ! Ce que nous avons vécu depuis le 9 novembre n'était en réalité pas une révolution allemande : c'était une longue série de révolutions locales fragmentées et de petites révolutions, parfois non sans traits d'opérette, dans le tableau confus et bigarré desquelles se reflète toute la palette des divisions et du retard de l'Allemagne et, par conséquent, les divisions de l'armée révolutionnaire du prolétariat. Ces faiblesses naturelles de la phase initiale doivent également être surmontées. La grande révolution allemande unifiée doit être préparée par la maturité politique et sociale des masses prolétariennes dans toute l'Allemagne, par l’avancée du mouvement dépassant ses barrières locales et ses contingences pour aller vers l’objectif commun qui nous est commune, vers le front de lutte commun.

Contrairement à la tradition qui consiste à présenter le congrès qui vient de s'achever et son œuvre comme un « jalon », il faut reconnaître que le congrès n'a pu accomplir que de manière fragmentaire, que donner une idée de l'énorme tâche qui lui incombait. N’étant lui-même qu’un fragment de la révolution, il partage le sort de celle-ci en ce qu'il ne peut se targuer d'une rigueur suffisante ni d'un travail exhaustif.

 Mais ce qu'il a accompli nous semble néanmoins être l'essentiel : il a tiré les leçons historiques de la révolution accomplie jusqu'à présent, indiqué les grandes lignes directrices de l’évolution à venir et lancé un appel fort à l'ensemble du prolétariat en Allemagne pour qu'il mène une lutte sans merci.

L'esprit qui s'est exprimé à travers les délégués de toutes les régions de l'Empire nous permet d'espérer avec confiance qu'un travail efficace sera accompli, que l'appel ne restera pas sans écho, que le Parti communiste allemand, en tant que fer de lance de la révolution prolétarienne, deviendra le fossoyeur de la société bourgeoise.

Il s'agit maintenant de se mettre au travail de toutes nos forces. Comme l'a dit Liebknecht à la fin de son discours :

Les cruelles déceptions politiques et sociales, l'effondrement de l'économie capitaliste, voilà les propagandistes les plus éloquents de la révolution sociale.

Notre tâche consiste à soutenir et à diriger avec clarté, énergie et enthousiasme, cette propagande créée par conditions objectives. Forger le prolétariat allemand pour en faire le marteau puissant qui brisera la domination de classe, telle est la mission historique du Parti communiste allemand.

Citations :

 "La fondation du Parti communiste allemand s'est déroulée, comme le groupe Spartacus l'avait dès le début délibérément envisagé et prévu dans le cadre de sa conception générale, non pas dans une logique de groupuscule, ni comme une scission « fabriquée » de leur propre chef et à huis clos par une poignée de dirigeants radicaux. Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires. "

"Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires."

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2018/12/rosa-luxemburg-en-novembre-1918-un-combat-exemplaire-18-novembre-la-sortie-du-premier-numero-du-journal-die-rote-fahne.

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