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Billet de blog 24 avr. 2022

Après ...

Bien que ce ne soit pas l'objet du blog, je me résous à un dernier billet.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Voter Macron pour empêcher l'instauration de l'extrême-droite ne doit pas être un problème. L'influence de l'extrême-droite dans la police, l'armée, son racisme inhérent pour ne citer que deux fondamentaux ne laissent pas beaucoup de choix.

(Rien n'est plus loin de moi, de ma vie antérieure et actuelle que cet appel que je crois pourtant nécessaire. Et je le dis aussi à ceux qui ne me connaissent pas et qui ont choisi de suivre mon blog.)

Le problème est l'après.

Une fois le danger passé, avant comme après l'élection, ceux que le régime libéral ne gênent pas suffisamment, retourneront dans le confort de leur vie. Et pire, ils jugeront, condamneront ceux qui luttent réellement, laisseront se développer encore plus l'appareil de répression et l'exploitation.

Dans le texte de Clara Zetkin, qui m'a valu des commentaires négatifs, elle appelle à l'union contre le parti nazi, et elle le reconnaît trop tardivement. (Mais l'union, cela voulait dire union avec le parti au pouvoir qui avait assassiné 14 ans auparavant les révolutions de Berlin, Hambourg, Munich ..., qui avait assassiné Luxemburg, Liebknecht, Jogiches, les 1200 morts de mars 1919, la révolution en Bavière. Merci de lire sur ce blog le travail en cours sur Berlin, mars 1919). 

Et surtout, elle reconnaît l'incapacité à arrêter le développement du parti nazi, à l'implantation de ses "idées" au sein du prolétariat. Cette impuissance  est la nôtre aujourd'hui qui luttons réellement contre le capitalisme et voyons le prolétariat se tourner vers l'extrême-droite.

L'après?

Il dépendra de notre volonté de lutte contre le capitalisme.

. Le respect des luttes de tous les exploitéEs

. La grève de masse comme le pensait Rosa Luxemburg? Elle ne peut venir que des prolétaires et des exploités eux-mêmes.

. En tous les cas, la participation et le soutien à toutes les luttes de rupture.


Lire sur mediapart ce très beau texte, La masse réfléchissante. J'irai voter, la tête basse, les poings serrés. Il le faut ! ... Mais ... J.J.Palaszewski

Me font marrer. C'est à pleurer.
Nous n'irons pas. Nous irons. Aux pas, nous irions donc. Ô, où donc nous irions !
Ensemble ou seul·e. Ensemble mathématique fermé à compter sur le vide.
L'indécision profite.
Les vestes se retournent, allègres les doublures.
Le candidat, la candidate, celles et ceux pour toutes et tous.
Je vous dis : - Vos vestes citoyens ! Vos vestes claquent.
Le vent. Passe le vent sans laisser son empreinte. Il tourne dans un linceul.
Le but du pouvoir.
Pour elle, pour lui, et seulement elle et lui.
Monter les marches et bander et mouiller.
Souci de soi flatté par l'environ proche, les laquais suspendus, les courbettes suspicieuses, les concubines murées et les amants cachés.
Elles font ça. Ils font ça. Toutes et tous. Sourire aux caméras, pourquoi ne pas le faire ? Devant les masses aux bouches ouvertes à gaver. Ils portent beaux costumes. Et elles, apprêtées, les atouts rehaussés. Le fard coule pourtant.
Mais il est tard, monsieur-madame, on ne remarque pas, et toutes et tous arborant à leur crasse boutonnière le sang des autres, ou levant le drapeau d'une conviction saoule, se glorifient d'une flamboyante vertu qui ne tiendra jamais.
Le ravage de croire qu'un vote suffira. (Demain, nous aurons à faire encore ce chemin douloureux.)

J'ai vécu leurs mille revirements. Du rose au rouge. Du rouge au brun. Et du bleu pâle à l'or. Et de l'or brut au sang.
Je ne m'étonne plus.
Seul le noir conserve encore sa forme. Indistinct, invisible et pourtant souverain
... sans aucune frontières.

Domestiques, il y a si longtemps que les brebis bêlantes lèchent le mensonge du sel déposé à leurs pieds et que les veaux patients se soumettent aux mamelles des sots. 

On préfère toujours l'enveloppe des urnes aux saccages des bornes.
Dans l'ornière, un seul peuple se tient.

Debout, à nouveau dans les flammes des luttes.


"Où est la vérité, quel est mon devoir, parler ou me taire?"

En réponse aux commentaires de mon avant-dernier billet, j'ai entamé comme indiqué, une recherche plus précise sur la période de la vie de Clara Zetkin après 1920 et le manque de temps me fait choisir de reprendre des éléments du livre "Je veux me battre partout où il y a de la vie" paru en 2021 aux Editions Hors d'atteinte. Florence Hervé écrit dans "Éléments biographiques" :

Concernant  le nazisme

En mars 1932, elle évoque dans une lettre adressée à Wilhelm Pieck la défaite du KPD qui n'a pas réussi "endiguer l'énorme vague nazie, et rappelle que parmi les adeptes d'Hiter, il y a de nombreux prolétaires déçus par le SPD et le KPD. "Les sections d'assaut nazies précisément sont composées pour une large part de prolétaires au chômage." Elle constate plus largement que le mouvement ouvrier - la social-démocratie, le Parti communiste et les syndicats - n'a pas reconnu à temps et à leur juste mesure le danger et le caractère du national-socialisme sous la république de Weimar. Bien que majoritaire, il n'a pas réussi non plus à empêcher la prise du pouvoir des nationaux socialistes.

En août 1932, le KPD demande à Clara Zetkin d'inaugurer une session parlementaire - ce qu'elle accepte bien qu'elle soit âgée de plus de 75 ans, malade et presque aveugle et que ce ne soit pas sans danger. Elle se rend ainsi à Berlin pour prononcer son dernier discours en tant que doyenne du Reichstag, accompagnée de son fils Maxim après avoir quitté Moscou clandestinement.

Dans une lettre anonyme, un nazi menace de la faire descendre de la tribune et de la "flanquer dehors" à coups de pied. [...] C'est le traitement qui convient à la maudite engeance rouge" ...

Zetkin prononce son discours devant des tribunes "remplies de membres de la fraction national-socialiste, tous en grands uniformes des sections d'assaut - chemises brunes avec brassard portant la croix gammée, culotte brune ou noire". Une fois de plus, elle met en garde contre le national-socialisme et appelle à constituer "un front uni" de tous les travailleurs pour repousser le fascisme ... devant cette impérieuse nécessité historique, toutes les opinions politiques, syndicales, religieuses, idéologiques qui nous entravent et nous séparent doivent passer au second plan." Son appel s'adresse tout particulièrement aux femmes "qui portent encore les chaînes de l'esclavage de leur sexe" en les avertissant de leur dégradation en tant que "machine à enfanter" sous le fascisme.

Cette apparition courageuse force l'admiration, même au sein de la droite. Un journaliste note que la "représentante de la pensée bolchévique ... croit à ce qu'elle dit et cela force à la tolérer même si ses convictions sont inacceptables."

Son fils Maxim la ramène à Arkangelskoë, près de Moscou. Elle termine des jours dans une maison de repos, depuis laquelle elle s'adresse encore aux femmes, à l'occasion du 8 mars, puis lance un appel dans le cadre de la Semaine d'aide du Secours rouge : Soutenez la lutte courageuse des travailleurs allemands contre le fascisme hitlérien".

Elle meurt le 20 juin 1933. Dans la maison des syndicats, où se trouve son cercueil, 400 000 Moscovites viennent lui rendre un dernier hommage ...

Par rapport au Parti communiste et à l'internationale communiste

Elle n'avait pas rendu publique sa critique du Parti communiste et de l'Internationale communiste, non par opportunisme mais parce qu'elle n'était pas certaine que cela serve au mieux la révolution prolétarienne. Dans une lettre adressée à son amie Rosa Grimm, le 29 décembre 1919, , elle s'interrogeait : "Où est la vérité, quel est mon devoir, parler ou me taire?"

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