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Billet de blog 30 juin 2023

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We are puni.e.s

Mettre aujourd'hui cet article, après la mort de ce jeune assassiné, alors qu'une révolte absolue est là, peut paraître dérisoire. Ça ne l'est pas car cette suppression est un autre signe de la volonté absolue du pouvoir de contrôler les esprits. Ecouter, C'est encore nous, la dernière quotidienne ... Pour l'instant.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Mettre aujourd'hui cet article, après la mort de ce jeune assassiné, alors que une révolte absolue est là, peut paraître dérisoire, pourtant cette émission et sa quasi suppression est un autre signe de la destruction par le pouvoir, des êtres, des idées, de la volonté de penser et de lutter. Sa quasi suppression est un nouveau signe de la marche vers le contrôle absolue de la pensée et de la prise du pouvoir de ceux qui arment les esprits, puis les bras de ceux qui finalement tuent.

225000 signatures, des milliers de commentaires. Continuons surtout à signer. Jusqu'au retour. Et à mettre nos commentaires.

https://www.change.org/p/sauvons-c-est-encore-nous-sur-france-inter/f

Ecouter les dernières chroniques de la quotidienne:

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chanson-de-frederic-fromet

We are punis, we are le dimanche, we are youpi le jour du seigneur, le jour des chasseurs,

we are le jour des élections, c'est trop de tentations, on vous f'ra toujours le boxon sur la station ...

Black Panthers

Aujourd'hui, Waly Dia est en duo avec Frédérick Sigrist ! (Magnifique chronique).

S’adapter à la technique du cinéma belge

Aujourd'hui, Laurence Bibot, Léo Karmann et Monsieur Poulpe nous expliquent comment s'adapter à la technique du cinéma belge.

C'était encore nous !

Aujourd'hui, Charline est en trio avec Thomas Bidegain et Marina Chiche.

Le dernier Journal de Presque 17h17

Aujourd'hui, le dernier Journal de Presque 17h17 est présenté par Charline Vanhoenacker, Djamil le Shlag, Aymeric Lompret, Guillaume Meurice et Alex Vizorek !

On préfère les monstres

Aujourd'hui, Christine Gonzales est en trio avec Aline Afanoukoé et Isabelle Sorente !

 S’adapter en tant que femme

Aujourd'hui, Juliette Arnaud, Charline Roux et Mahaut nous expliquent comment s'adapter en tant que femmes.

La Racine du mot s'adapter

Aujourd'hui, Hippolyte est en trio avec Laélia Véron et Clara Dupont-Monod.

D'une voix tendre

Aujourd'hui, Doully chante en duo avec Djubaka... d'une voix tendre.

S’adapter à un thème imposé

Aujourd'hui, Thomas VDB et GiedRé nous expliquent comment s'adapter à un thème imposé.

La voix des sans-voix

Aujourd'hui, Guillaume interview les sans-voix de l'émission C'est encore nous !

We are le dimanche 

We are punis La chanson de Frédéric Fromet

 Aujourd'hui, avec toute la troupe


Et parce que France Inter peut aussi être autre chose que ce que la direction veut en faire inexorablement

ce très beau texte

Anne-Cécile Mailfert s'adresse à la mère de l'adolescent de 17 ans, tué mardi lors d'un contrôle de police.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/en-toute-subjectivite/en-toute-subjectivite-du-vendredi-30-juin-2023-5122067

Chère Mounia,

Je vous ai vu hier, lors de la marche à Nanterre, perchée en haut d’un camion, de blanc vétue, le poing levé, le visage fier. Je vous ai vu le menton déterminé, devant une foule digne et populaire scander “Justice Pour Nahel”. La scène pourrait surprendre, et d’aucuns pourraient se demander comment est-ce possible qu’une mère qui vient de perdre son fils ne soit pas recroquevillée. Vous le sentez déjà, votre deuil ne vous appartient plus. Vous l’avez décidé, il sera public, collectif, politique.

Vous ne vous en cachez pas, vous ne comprenez pas tout ce qui vous arrive mais vous avez décidé de relever la tête, et plus rien ne vous retient. Vous êtes née ici, vous travaillez ici. Vous êtes une mère isolée, d’un enfant racisé, d’un quartier défavorisé. mère d’un enfant dont un policier d’une balle dans le cœur vient de vous déposséder.

Votre vie, il faut la vivre pour la comprendre

A 44 ans, vous faites partie de cette génération de femmes précaires, oui, mais modernes, fortes et décidées. Depuis qu’il est né, c’est vous qui avez la charge de Nahel et de votre foyer. Et ce n’est pas simple de joindre les deux bouts et de payer votre loyer. Vous avez mis entre parenthèses votre vie pour lui, pour lui dire bonjour le matin, et bonne nuit le soir, et pour l’entendre vous répondre “je t’aime maman”.

Vous voulez le meilleur pour lui dans un territoire ou les services publics sont défaillants et l’offre éducative mauvaise. C’est rien de dire qu’ici ce n’est pas un territoire propice à la réussite. Vous avez su, dès les premiers jours où il a pointé le bout de son nez, que ça allait être compliqué. Mais quand la vie vous a fait des croche-pieds, Nahel vous a donné une raison de vous accrocher.

Vous êtes constamment tiraillée entre vouloir le voir s’épanouir, et la peur qu’il se fasse trop remarquer

Ce qui lui est arrivé mardi matin, c’est ce que craignent toutes les mamans du quartier. Vous, comme les autres, vous vous êtes relevées parfois au milieu de la nuit pour aller les chercher au milieu de la cité. Vous les grondez fort quand ils font des bêtises parce que vous savez que rien ne leur sera jamais pardonné.

Ailleurs on dit “il faut que jeunesse se fasse”. Pas quand on est né dans un quartier. Ici les enfants n’ont pas le droit d’être des enfants. il leur faut filer droit. Et c’est aux mères que revient le sale boulot d’apprendre à leurs enfants à baisser la tête. Ce n’est pas la même chose qu’apprendre la politesse ou à respecter les règles de vie en commun. C’est tout à fait différent. On leur demande, aux mères d’enfants racisés, de les garder au sein du foyer, de les contrôler, de s’assurer qu’ils ne remettront jamais en cause ni le pouvoir, ni sa police, ni ses injustices. Les mères dans ces quartiers sont tiraillées parce qu’elles sentent bien que pour protéger leurs enfants, pour passer entre les gouttes et les balles, elles doivent leur apprendre à ne pas trop exister.

Vous l’avez perdu alors vous n’avez plus rien à perdre

De votre peine, vous n’en êtes qu’aux débuts. Mais vous avez décidé que vous n’irez plus jamais dire a un jeune homme de “baisser la tête”. Vous ne jouerez plus le rôle de la mère qui tempère la colère. Vous ne voulez plus. Vous ne voulez pas de la guerre. Vous voulez la paix, Mounia. Mais la tête haute, vous exigez la justice. Car sans justice, comment espérer la paix?

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