L'heure d'un ministère de la démocratie

Le conservatisme d'une démocratie ancienne a fait oublier qu'il y a du progrès à faire dans le sens de l'écoute et de la lecture des citoyens. Là ou l'écologie, l'égalité entre les femmes et les hommes, les relations avec le parlement, et bien d'autres, ont des ressources nécessaires pour répondre à l'avancée de notre temps sur ces sujets là, il y a un oublié, toujours, le progrès démocratique.

Le conservatisme d'une démocratie ancienne a fait oublier qu'il y a du progrès à faire, énormément, dans le sens de l'écoute et de la lecture des citoyens. Là ou l'écologie, l'égalité entre les femmes et les hommes, les relations avec le parlement, et bien d'autres, ont des ressources nécessaires pour répondre à l'avancée de notre temps sur ces sujets là, il y a un oublié, toujours, le progrès démocratique.

La démocratie, elle, semble trembler à chaque fois qu'on parle de changer sa mise en oeuvre, comme si c'était un verre en cristal à ne jamais manipuler. Ce verre, il reste dans une vitrine du bahut et prend la poussière. Il y a tant à faire, tant d'outils, tant de volonté pour faire en sorte que le peuple soit écouté, écoutable et inoubliable. Les luttes incessantes sur tous les sujets proviennent toujours de la même chose, comme un vieux couple : le manque de communication au sens premier. Et étrangement, nous vivons dans l'ère où la communication et les télécommunications sont aux centres de tout candidat, de toute entreprise, de toute association. Mais quelle communication ? La communication de l'état aujourd'hui c'est de l'information, des "mots d'ordres" comme le disait Deleuze, un système de contrôle et non d'écoute et d'échange.

Il est temps de voir la démocratie comme un vrai domaine de recherche et développement, comme un domaine dans lequel investir, un domaine qui doit s’asseoir autour de la table des tous les ministres pour être certain qu'ils travaillent ensemble. Un ministère de la démocratie est aujourd'hui nécessaire.

Des femmes et des hommes qui auront pour but, non pas d'écouter les sondages, mais d'écouter les citoyens. Une force pour mettre en oeuvre toutes les ressources humaines, technologiques, philosophiques, sociales et financières pour que l'on soit, d'une part, une démocratie moderne, d'autre part, des pionniers dans le monde à voir la richesse d'un tel domaine, et l'avenir radieux qu'il comporte. Car oui, il faut mettre une force derrière la démocratie, elle ne se brisera pas si on la contemple et qu'on la consolide. La peur de la perdre, encore elle, ne doit pas nous plonger dans l'inaction. Ceux qui l'ont perdue sont ceux qui n'ont pas su la sortir de sa vitrine brillante bien astiquée alors qu'elle, à l'intérieur, la coupe de la démocratie, se faisait ronger sournoisement par les mites. 

La richesse de l'écoute, du partage et de la lecture des idées et opinions des citoyens, voici la matière première d'une société qui évolue et perdure. Le progrès technologique est dépassé, aujourd'hui deux seuls sujets comptent, le progrès écologique et le progrès démocratique. Il est certain que ce dernier doit être mis en place de manière urgente pour répondre à toutes les autres urgences, sans quoi le temps passera trop vite, et nous n'aurons pas le temps de parler de tout ce dont on doit parler...

 

 

 

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