L'Assemblée nationale en panne

L'image d'Emmanuel Macron au milieu de 600 maires, en train de discuter et de débattre, n'est-elle pas le genre d'image que l'on doit voir tous les jours à l'Assemblée nationale ? L'évidence est là, on doit l'accepter. L'existence même du grand débat national est une preuve irréfutable d'une Assemblée nationale devenue peu représentative. Une Assemblée nationale en panne.

L'image d'Emmanuel Macron au milieu de 600 maires, en train de discuter et de débattre, n'est-elle pas le genre d'image que l'on doit voir tous les jours à l'Assemblée nationale ? L'évidence est là, on doit l'accepter. L'existence même du grand débat national est une preuve irréfutable d'une Assemblée nationale devenue peu représentative. Une assemblée nationale en panne. 

La faute ne revient pas aux députés qui, pour nombre d'entre eux, se démènent pour faire entendre des voix. C'est un échec systémique, une mécanique rouillée qui demande de nouveaux rouages pour rouler à la vitesse d'aujourd'hui. Une voiture ancienne dont la pédale d'accélération ne répond plus ... La panne, l'ultime. Et ce n'est pas la faute du constructeur, ni du conducteur. C'est ainsi, et non une obsolescence programmée, car nous avons arpenté de belles routes pendant plus de 60 ans. Merci Simone pour l'aventure, il est temps de changer de monture. 

Les sièges chauffants de l'assemblée doivent servir aux femmes et aux hommes qui ont un bout de la carte pour trouver la destination. Nous sommes à l'époque du co-voiturage, où les passagers changent régulièrement comme force de paroles et d'idées, pour partager encore et encore, découvrir et redécouvrir. Les places doivent être proposées à différents citoyens, et que le jeu des chaises musicales soit enfin vu comme un jeu passionnant auquel tout le monde peut jouer. Tous ces sièges, bien trop souvent vides, ne demandent qu'à être rempli. Nous avons tous des vitesses à embrayer pour continuer la route. Et sur le bas côté, de nombreux passagers font du stop avec leurs gilets jaunes. Vous ne pouvez pas les rater. 

Et pourquoi pas changer la couleur des sièges, le décor rouge vif de l'hémicycle, en un gymnase verdâtre ou équivalent. Le décorum sert sans doutes à donner un sentiment de puissance aux cavaliers de la république. Apporter un peu d'humilité dans ce lieu permettrait de proposer une ouverture et un rapprochement avec la réalité. Le gymnase invitait à transpirer. L'assemblée nationale, elle, doit inviter à être écouté et non pas à se sentir au dessus de la "France d'en bas" qui maintenant fonce à l'horizon.  Elle doit ouvrir ses portes, rassembler et assembler toutes les coordonnées GPS dont dispose chaque citoyen pour tracer la route. 

Evidemment, des groupes de travail à long termes et autre cargaisons durables doivent perdurer. Certains sujets demandent de l'effort et de l'investissement, mais rien n'empêche de faire des escales pour apporter de nouveaux passagers dans les débats et les idées. Cela évite aux conducteurs de s'épuiser et de louper la sortie. 

Et là derrière l'épave de l'assemblée nationale, le vieil autobus du Sénat bloque lui aussi la route...

En attendant, ce bouchon m'emmerde, je vais être en retard pour le péage de l'écologie.

 

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