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Billet de blog 26 sept. 2020

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Comment le confinement a touché notre mobilité - l'exemple d'une ville flamande

Une association de défense de l'environnement a analysé les données de trafic pendant le confiement au printemps à Gand, un travail porteur de leçons alors que croît la crainte d'une seconde phase de confinement.

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Gentsmilieufront (GMF), dimanche 19 avril 2020

Lien vers le texte original : https://www.gentsmilieufront.be/verkeer-gent-corona

Traduit du néerlandais par Vincent Doumayrou, avec l'aimable autorisation de l'association

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Prochainement, sur votre blog : un point de vue sur le plan de relance ferroviaire annoncé par le gouvernement.

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L’association de défense de l’environnement Gents MilieuFront (GMF) a fait une évaluation de la mobilité pendant le confinement, sur la base de données tirées de 67 points d’observation du trafic. Sa conclusion : les déplacements baissent fortement, quel que soit le moyen de transport, et le confinement a provoqué un report modal des transports motorisés vers le vélo et la marche à pied. GMF souhaite que les autorités se saisissent de la situation de crise pour repenser l’espace public. De nombreux espaces dédiés à l’automobile doivent activement et graduellement être transformés en espaces consacrés aux modes actifs. De plus, il faut faire plus pour la production locale.

La crise du coronavirus et le confinement ont transformé la vie et le comportement des gantois de manière substantielle. Tout le monde peut constater que la pression mobilitaire a fortement baissé. Cela ressort de l’analyse approfondie qu’a faite GMF des données de telraam.net, une initiative des associations Mobility Leuven, Mobiel 21 et Waanz.in.

Le trafic automobile baisse de moitié

GMF a comparé les données de la période de référence avec celles de la période du confinement. Après la mise en place des mesures de confinement, le trafic automobile à Gand a baissé de plus de la moitié. La tendance à la baisse touche aussi les autres modes de déplacement. La diminution est de :

  • 57 % pour le trafic automobile ;
  • 25 % pour les cyclistes ;
  • 22 % pour les piétons ;
  • 46 % pour les véhicules utilitaires.

Dans certaines rues, la circulation a tout simplement dégringolé avec des valeurs qui peuvent aller jusqu’à 78 % de circulation en moins. Durant le long week-end de Pâques, les mesures de confinement ont été moins bien respectées ce qui se retrouve dans des chiffres de trafic un peu supérieurs, surtout dans des artères de liaison, en particulier la Chaussée de Bruges et la Chaussée de Termonde [Note du traducteur, destinée en particulier au lecteur non belge : en Belgique, une Chaussée (Steenweg en néerlandais) désigne une artère radiale, qui équivaut à une Avenue en France].

Graphique de la circulation automobile dans différentes rues

Le nombre de cyclistes et de piétons baisse moins que le nombre d’automobiles. Les gens étant moins enclins à se déplacer, les déplacements en vélo et à pied tirent logiquement leur épingle du jeu. En d’autres termes, le confinement a provoqué un report modal des modes de transport motorisés vers les modes plus lents.

Sur la Coupure, l’un des axes cyclistes les plus fréquentés de Gand, voire de Flandre, [la Coupure est un canal ceint de deux voies de circulation qui ceinture Gand à l’Ouest, au niveau des faubourgs - NdT] on observe une diminution très importante du trafic de vélos, qui s’établit à 23 % seulement des chiffres habituels. La cause la plus probable est que cet axe est utilisé pour les déplacements vers le lieu de travail ou d’étude ; en effet, le trafic reste relativement stable le week-end.

Les voitures roulent (toujours) trop vite

Les mesures font également ressortir qu’on a roulé plus vite pendant le confinement. Le phénomène varie selon les rues : une augmentation dans telle rue compense une diminution dans telle autre. Les excès de vitesse sont un problème structurel dans certaines d’entre elles, où jusqu’à 60 % des voitures roulent en excès de vitesse, phénomène qui n’a pas disparu avec le confinement. La seule solution pour résoudre de problème est de modifier la structure de ces rues (par exemple  chicanes, ou rétrécissement) et une mise en œuvre plus stricte des mesures de limitation de vitesse.

Moins de pollution, moins d’accidents

La diminution du trafic motorisé provoque une diminution de la pollution et des accidents. Chaque voiture, quand elle ne roule pas, n’émet pas d’oxyde d’azote,  ni d’autres gaz d’échappement (bien que cet effet ne se retrouve pas toujours dans les mesures, du fait des conditions météorologiques et du début de la saison des semailles dans le monde agricole).

Moins de circulation c’est, indiscutablement, moins d’accidents. Le centre de données Vias évoque une diminution de pas moins de 50 décès et 4 000 blessés par rapport à la même période des trois années précédentes, dans l’ensemble de la Belgique. Pour l’instant, nous ne disposons pas des chiffres propres à Gand.

Davantage de télétravail, plus d’attention pour les espaces verts ?

La crise sanitaire et les souffrances qu’elle engendre, les risques divers et le confinement seront, il faut l’espérer, bientôt derrière nous. Mais le contexte est porteur d’enseignement sur la domination de l’automobile dans notre vie et dans l’espace public, et à l’intérêt croissant de la production et de la consommation locales. Notre vision pour l’avenir est d’imaginer à quel point notre ville pourrait s’améliorer si elle évoluait vers une ville à circulation apaisée, à forte consommation et production locales.

  • Le télétravail : beaucoup de gantois ont testé, contraints et forcés, le télétravail. Le entreprises qui en doutaient ont désormais la pression pour faire travailler leur personnel à domicile. Cela provoque une diminution des besoins en mobilité ; doit-on aller plus loin dans cette voie ?
  • La diminution de la place de l’automobile est désormais palpable dans l’espace public. Faut-il relancer le débat sur l’organisation de l’espace public ?
  • De nombreux gantois ont utilisé le vélo pour leur distraction. Pourrait-on les convaincre d’utiliser leur vélo plus avant, en particulier leurs déplacements essentiels ?
  • Besoin vital de davantage d’espaces verts ; de nombreux gantois se sont retrouvés dans des espaces verts, des parcs et des zones naturelles protégées. Ont-ils ainsi découvert nos poumons verts et souhaitent davantage les apprécier ? L’affluence dans les espaces verts le week-end montre qu’il y a davantage de besoins à plus de verdure en ville ;
  • Économie locale : en temps de crise on découvre que nos besoins nous rendent fortement dépendants de l’étranger. Pouvons-nous voir une renaissance de la production locale ?

Le confinement et la crise sanitaire constituent un moment charnière, dont nous devons tirer les leçons pour notre économie, notre mobilité, l’espace public et les faire évoluer dans un sens plus juste et plus durable.

Bien cordialement,

Vincent Doumayrou,
auteur de La Fracture ferroviaire, pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer,
Préface de Georges Ribeill. Les Editions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2007.

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