Italie : lancement d'un service de fret express en train à grande vitesse

La filiale du groupe Ferrovie dello Stato italiane (FS), équivalent de la SNCF, lance un service de fret et de fret express en train à grande vitesse entre deux villes italiennes.

Article de Giancarlo Scolari,
paru dans le site spécialisé Ferrovie.it le 6 avril dernier

Lien vers l'article original, avec des photos : http://www.ferrovie.it/portale/articoli/7315

Traduit de l'italien par Vincent Doumayrou
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Des marchandises transportés sur le réseau à grande vitesse italien : c'est le pari que fait l'opérateur de transport de marchandises Mercitalia, filiale de la société des chemins de fer italiens. Le nom commercial sera Mercitalia Fast et ce sera le nouveau service de fret ferroviaire proposé par la société du groupe Ferrovie dello Stato italiane. A cette fin, une rame d'ETR 500 [les premiers TGV italiens, lancés dans les années 1990 - NdT] subit des modifications à l'atelier de Vicenza pour une adaptation au transport de conteneurs sur roues, facile et rapide au chargement, au déchargement et à l'arrimage pour une clientèle d'expressistes, d'opérateurs de logistique, des producteurs, des distributeurs et d'acteurs de l'immobilier.

L'exploitation du service Mercitalia Fast se fera avec une première paire d'ETR500 qui relieront le terminal de Caserta Marcianise, en Campanie près de Naples, et Bologne Interporto en 3 h 20, à une vitesse moyenne de 180 km/h et selon une capacité de transport qui équivaut à dix-huit camions TIR ou à deux Boeing 747 Cargo.

Les trains partiront du Sud à 20 h 50 et arriveront à Bologne à 0 h 10 ; dans l'autre sens, le train quittera Bologne à 2 h 50 et arrivera à Marcianise à 6 h 10. Les horaires sont étudiés afin de permettre la maintenance de nuit des lignes à grande vitesse.

"Avec ce nouveau service, nous utiliserons le lignes à grande vitesse [dites haute vitesse / haute capacité en Italie, en abrégé AV/AC - NdT] pour le transport de marchandises. Notre but est d'offrir à nos clients un service sur mesure aux clients qui doivent livrer les marchandises de manière rapide, fiable et ponctuelle. Pour l'heure, nous sommes la seule entreprise ferroviaire à pouvoir garantir ce business [sic - NdT]".

"Nous commencerons au mois d'octobre avec la liaison entre Caserte et Bologne, entre les terminaux de Marcianise et Interporto. Nous pensons l'étendre, à l'avenir, à d'autres terminaux situés dans des villes desservies par LGV : Turin, Novare, Milan, Brescia, Vérone, Padoue, Rome et Bari", a poursuivi Marco Grosso, Administrateur délégué de Mercitalia Logistics au mois d'avril, lors de la présentation du nouveau service à Milan, en présence de Renato Mazzoncini, l'administrateur délégué des FS, et d'Ivan Concini, le Président de Mercitalia Logistics.

A l'occasion de la conférence de presse, Renato Mazzoncini a présenté les résultats opérationnels du Pôle Mercitalia, né en janvier 2017 du regroupement des sociétés des FS actives dans le transport de marchandise et dans la logistique. "Au cours de sa première année d'existence, a-t-il déclaré, le Pôle Mercitalia s'est concentré sur l'obtention de résultats économiques et industriels, que ce soit du point de vue des investissements réalisés ou des objectifs du Plan industriel 2017 - 2026. Nous avons entamé la relance du secteur marchandise et logistique, en Italie comme à l'étranger. 500 millions d'euros ont déjà été investis sur un total de 1,5 milliards pour l'ensemble du plan industriel, et, pour la première fois dans l'histoire des chemins de fer italiens, l'année 2017 a généré un flux de caisse positif de 40 millions d'euros".

[fin de la traduction]

Mon commentaire : le service consiste donc à utiliser des trains à grande vitesse à des fins de logistique. Remarquons que le concept rappelle les TGV postaux, et les projets de TGV de fret express : les premiers ont cessé l'exploitation en 2015, les seconds n'ont jamais vu le jour. Sur ce sujet comme sur bien d'autres, les chemins de fer français semblent à la traîne en Europe. Il est cependant trop tôt pour connaitre les résultats commerciaux de se service mais ce blog suivra probablement l'évolution et son auteur souhaite longue vie à ce nouveau service et bonne chance à ses exploitants.


Bien cordialement,

Vincent Doumayrou,
auteur de La Fracture ferroviaire, pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer,
Préface de Georges Ribeill. Les Éditions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2007.

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