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Billet de blog 11 juin 2020

Ce dimanche, le président des français ne parlera pas

Il parait que le président de la république doit s’exprimer ce dimanche. Après une dizaine de jours de silence gêné, il semblerait que la situation soit devenue intenable. Celui ci se retrouve coincé entre son égo lui demandant de surfer sur la vague d’indignation qui agite les Etats-Unis et le monde, et son besoin vital de ménager sa police, dernier rempart d’un régime vacillant.

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Il parait que le président de la république doit s’exprimer ce dimanche. Après une dizaine de jours de silence gêné, il semblerait que la situation soit devenue intenable. Celui ci se retrouve coincé entre son égo lui demandant de surfer sur la vague d’indignation qui agite les États-Unis et le monde, et son besoin vital de ménager sa police, dernier rempart d’un régime vacillant.

Pris dans ses contradictions, il ne parlera pas de cette marche forcée vers une société de contrôle qu’il nous impose depuis son élection. Il ne parlera pas des interdictions de manifester, arbitrairement étendues jusqu’à Novembre quand plus rien ne doit faire barrière à la reprise économique. Il ne parlera pas de la loi Avia qui prône la censure des voix dissidentes. Il ne parlera pas de son expérience de traçage numérique via StopCovid. Il ne parlera pas du secret des affaires, bâillon protégeant les corrompus du peu de journalistes sérieux existant encore. Il ne parlera pas de l’environnement, grand sacrifié de sa reprise économique. Il ne parlera pas du racisme rampant qui imprègne nos sociétés, de la police aux médias, de la personne lambda au chef de l’État lui même. Il ne parlera pas de la justice, démunie, dépouillée, défaillante. Il n'abordera surtout pas le décompte morbide des mutilés, des morts, des humiliés par la police. 

De tout ça il ne parlera pas, que pourrait-il en dire?

Il s’emploiera cette fois ci à endosser le costume “du père de la nation”, censé calmer les énervés de tous bords. Tout est bon pour ne surtout jamais endosser le costume d’Emmanuel Macron, l’homme qui aura systématiquement sacrifié l’environnement et la population pour booster l’économie. L’homme qui aura cassé les hôpitaux, qui aura cassé l’école, qui aura laissé la police dans un état de misère absolue, cet homme ne s’exprimera pas. C’est pourtant lui qui agit depuis 3 ans, sans jamais s’assumer. Le costume du président qui s’entoure de corrompus, de Benalla à Ferrand en passant par Kohler ne lui plaît décidément pas. Le costume du jeune frustré qui sacrifie les vieux et se moque de l’avenir des nouvelles générations, nous ne le verrons pas. Bref, le président qui nous gouverne au quotidien ne parlera pas.

Tout imbu de sa personne, celui ci ne se rend même plus compte que, tout comme le vrai président des français ne parlera pas, une bonne partie du peuple ne l’écoutera pas. Il y a maintenant longtemps que les banlieues ne se fatiguent plus à écouter ces beaux parleurs. Assa Traoré en a fait la preuve en refusant les miettes jetées par Macron via sa ministre de la justice. Rien ne sert d’écouter un menteur tant qu’aucune action n’est prise. A ces banlieues qui ont appris à se démerder sans l’État, on peut ajouter les gilets jaunes, dont aucun des problèmes n’aura été adressé depuis bientôt un an et demi. On peut ajouter les manifestants contre la loi sur les retraites qui auront eu le plaisir de lire que Macron souhaite relancer sa réforme inique au plus vite. On pourra ajouter les écolos qui constatent l’impuissance organisée de l’État Français dans ce qui s’annonce comme le plus grand défi de l’humanité à ce jour. N’oublions pas les personnels de santé, adulés durant la crise, que l’État compte remercier en leur exigeant toujours plus de travail et d’austérité. N’oublions pas enfin les jeunes, se rendant graduellement compte de ce que nous sommes en train de leur léguer, sans jamais leur proposer la moindre porte de sortie.


Drôle d’allocution que celle de ce dimanche: le président des français ne parlera pas, et ne sera de toute manière pas écouté.

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