Mes quatre bonnes raisons de voter Mélenchon

Comme beaucoup de Français ancré à gauche, j’ai longtemps hésité entre Hamon, Mélenchon et même Poutou. Le temps de la « cristallisation » est venu et je vais voter Mélenchon, même si, régionaliste, je ne partage pas toutes les propositions de la France insoumise. Voici pourquoi.

Une constituante pour une VIème République

Ce régime politique agonisant est aussi nocif, il est urgent d’en sortir. Son mode de scrutin dominant (le système uninominal à deux tours) favorise la personnalisation des mandats, la corruption et la constitution de fiefs clientélistes, l’absence de proportionnelle au parlement fait prospérer le vote protestataire d’extrême droite, les députés n’ont pas de vrais pouvoirs face à un président tout puissant et à un premier ministre à sa main.

Benoît Hamon propose des améliorations de la Vème, il vaut mieux tout remettre à plat et par une Constituante, inventer une VIème République moderne et sociale, qui puisse donner un cadre institutionnel plus favorable aux luttes et l’innovation sociale.

Une refondation de l’Europe

Je suis profondément européen et ne vois pas d’avenir de la France hors d’une Europe forte et solidaire. Mais promettre une énième fois « l’Europe sociale » ne fait plus rêver. Aujourd’hui dirigée par les intérêts desgrandes multinationales et de la finance, l’Europe ne peut être réorientée vers le bien-être de sa population que par la construction d’un véritable rapport de force entre capital et salariat. Si Le SPD de Martin Schultz arrive au pouvoir en septembre 2017 en Allemagne, il aura besoin d’un partenaire plus déterminé que lui encore à changer la donne. Hamon, sur ce point, semble l’être mais on ne sait trop aujourd’hui jusqu’où il peut être suivi par ce qu’il reste d’appareil PS. Il va falloir jouer des muscles et l’on ne peut compter, dans le bras de fer qui s’annonce, sur de faux amis.

Eviter Macron aujourd’hui et Le Pen en 2022 (sinon on aura les deux)

Ceux qui pensent que le vote Macron peut écarter le danger Le Pen se trompent. Après cinq ans de politique libérale infligée à coups d’ordonnances et de 49.3, du Hollandisme en pire, c’est l’assurance que la candidate du Front National l’emporte en 2022. Elle aura 53 ans et apparaitra en mère protectrice des "petits" sacrifiés par la déréglementation et la mondialisation. En face, il n’y aura plus personne pour faire le poids. Macron, sous son apparent sourire moderniste, c’est un vote frileux et conservateur qui cherche à imposer de nouveaux sacrifices aux déclassés afin que rien ne change. De quoi alimenter encore le national-socialisme de Marine Le Pen. La rupture, institutionnelle, économique et sociale, il faut la faire maintenant, la tête encore froide. Sinon, elle aura lieu dans cinq ans et dans le chaos. 

Pour une politique qui tient sa parole

Et enfin, quand même, la valeur de la parole politique. Nous sommes dégoûtés du cynisme et de la lâcheté de ceux qui ne cherchent même pas à mettre en œuvre leurs promesses. L’ennemi de la finance de 2012 s’est avéré être un tigre sans dents. Fillon prône l’austérité pour les autres et la libéralité pour soi-même. Macron promet tout et son contraire en fonction de son public et au gré des ralliements opportunistes à son néolibéralisme économique. On pourrait avoir confiance en l’homme Hamon mais il n’a pas eu le temps de faire le ménage dans un PS, qui reste un appareil prêt à toutes les compromissions. Reste Mélenchon. Même si je ne partage pas toutes ses idées, il semble le seul à vraiment vouloir mettre en œuvre ce qu’il propose.

C’est le seule vote qui puisse faire bouger les choses et nous permettre de véritablement reprendre la main sur nos destins. Notre main ne doit pas trembler le 23 avril, ni notre volonté vaciller les mois à venir pour régénérer notre République.

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