Bakchich n'a plus les fonds pour continuer

Ce n'est pas la première fois que Bakchich flirte avec le gouffre, mais cette fois le «pure player» ne se voit pas passer la fin du mois. «On peut payer les salaires de janvier, assure son directeur de la publication, Nicolas Beau. Mais si ce n'est pas le cas pour le mois suivant, il faudra songer à s'arrêter. D'ici là, on va voir si les actionnaires actuels sont prêts à nous aider une nouvelle fois.»

Ce n'est pas la première fois que Bakchich flirte avec le gouffre, mais cette fois le «pure player» ne se voit pas passer la fin du mois. «On peut payer les salaires de janvier, assure son directeur de la publication, Nicolas Beau. Mais si ce n'est pas le cas pour le mois suivant, il faudra songer à s'arrêter. D'ici là, on va voir si les actionnaires actuels sont prêts à nous aider une nouvelle fois.»

A l'automne, déjà en difficulté, Bakchich avait réussi à obtenir un million d'euros en liquidité et en abandon de créances de la part de l'imprimeur de l'hebdomadaire, Gilbert Caron, du cofondateur de Free, Xavier Niel, et en faisant entrer de nouveaux actionnaires, le fondateur de Meetic, Marc Simoncini et l'ex-propritétaire de France-Soir, Jean-Pierre Brunois (on trouve aussi parmi les actionnaires l'investisseur belge Jean-Jacques Coppée, le propriétaire du Royal Monceau Alexandre Allard et l'éditeur de lettres confidentielles, Fabien Baussart).

«Bakchich compte essentiellement sur les ventes de l'hebdomadaire pour se financer», explique Nicolas Beau, mais celui-ci s'écoule entre 10.000 et 12.000 exemplaires par numéro alors que le point d'équilibre était fixé entre 18.000 et 20.000. La publicité du site Web, géré par Lagardère pour les annonces traditionnelles et par Google pour la publicité textuelle, ne rapporte en tout que 7.000 à 8.000 euros par mois (Bakchich revendique 600.000 visiteurs uniques selon Google Analytics). «On ne peut pas trop compter sur le soutien des lecteurs: la Société des amis de Bakchich nous a déjà apporté environ 100.000 euros, et on les met à contribution toutes les semaines», ajoute le directeur de la publication. Côté dépenses, Bakchich affiche 120.000 euros mensuels avec quinze employés en CDI et une dizaine de pigistes (écrit et dessin) contre 30.000 à 40.000 euros de recettes.

«Dans la pire des hypothèses, nous serons placés en liquidation après quatre ans et demi d'existence, conclut Nicolas Beau. On verra ensuite si un actionnaire veut racheter la marque et reprendre une partie de l'équipe pour continuer le site.»

PS: l'affaire est différente, mais elle n'arrange évidemment pas la situation de Bakchich: le tribunal de grande instance de Nanterre a condamné jeudi 6 janvier les deux patrons de Bakchich, Nicolas Beau et Xavier Monnier, à payer 20.000 euros chacun à David Douillet, et le site à rembourser les frais de justice. Bakchich avait en effet publié un article selon lequel le nom du député UMP et ancien judoka figurait parmi les exilés fiscaux au Liechtenstein. Nicolas Beau a annoncé sa décision de faire appel (ce qui suspend l'exécution de la condamnation).

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