Monde interactif: «bug sur l'emploi»

Les salariés du Monde interactif organisent lundi 21 février à midi devant l'immeuble du Monde, 80 boulevard Blanqui, une action contre l'emploi précaire.Pour reprendre la chronologie: Erik Izraelewicz a donc promis 10 embauches le 10 février avant d'être adoubé par la rédaction.

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Les salariés du Monde interactif organisent lundi 21 février à midi devant l'immeuble du Monde, 80 boulevard Blanqui, une action contre l'emploi précaire.

Pour reprendre la chronologie: Erik Izraelewicz a donc promis 10 embauches le 10 février avant d'être adoubé par la rédaction.

Le 14, le nouveau directoire (Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz) envoient un courrier à l'ensemble des salariés du Monde, du Monde interactif, du Monde publicité et du Monde imprimerie. Il confirme la promesse du 10: "D’ici le 15 mars, Erik Izraelewicz (...) procédera aux premiers recrutements. Ceux-ci doivent être l’occasion de mettre en œuvre très rapidement les priorités affichées en terme éditorial – l’investigation, la politique, avec l’élaboration d’un dispositif 2012 qui devra se décliner sur le papier et sur internet, et l’économie." Mieux: il promet de régler la question des précaires: "Parallèlement, et dès aujourd’hui 14 février, la Direction des Ressources Humaines du Groupe a ouvert formellement un cycle de discussions avec les représentants du personnel à partir d’un état des lieux précis des précaires au sein de la rédaction du Monde. Cette démarche va rapidement être élargie au Monde.fr".

 

Deux jours plus tard, les équipes du Monde interactif apprennent qu'après le départ non remplacé au Post.fr d'un CDI, de deux CDD et de deux pigistes en trois mois, un salarié en CDD travaillant à plein temps de façon permanente au Post depuis avril 2008 n'allait pas être titularisé alors qu'un CDI lui avait été promis plusieurs fois, budgété pour 2011 et validé. Arrivant au terme de sa période de 18 mois consécutifs, il ne peut pas non plus être prolongé en CDD et prend donc le chemin de Pôle emploi. "D’un effectif moyen de 11 personnes par jour en novembre, quand le trio Bergé-Niel-Pigasse a pris le contrôle du groupe, la rédaction a fondu à 7 personnes en moyenne les bons jours. Le planning de mars laisse même entrevoir des journées à 4 personnes. Et aucune embauche n’est prévue", précise le communiqué.

Par ailleurs, et alors qu'il lui est reproché d'avoir perdu un million d'euros en 2010 parce que le site n'arrive pas à "vendre" ses chiffres d'audience aux annonceurs, il manque toujours une embauche sur les deux promises au 1er janvier 2011 pour vendre des espaces publicitaires. Ils craignent donc une fermeture ou une vente du site prochaine.

Le 18, le président du directoire, Louis Dreyfus, assure sur France Info qu'il n'est pas question de cela et que le directoire fixe des rendez-vous trimestriels - les "échéances déterminées" - pour apprécier les progrés du Post et prendre des décisions en conséquence. Contactée, la société des personnels du Monde interactif précise d'ailleurs que "le refus de titularisation n'a pas été justifié par des contraintes budgétaires (le poste était en grande partie financé par le fond SPEL) mais par l'absence de visibilité au delà du mois du juin", après quoi les hypothèses de vente ou de fermeture pourraient revenir sur le tapis.

 

Le jour-même, les salariés du Monde interactif ont tenu une assemblée générale, dans laquelle cette action a donc été décidée. Les représentants du personnels relèvent que "la direction des ressources humaines du groupe (est) revenue sur les engagements pris par la direction du MIA sur les titularisations de précaires pour l'année 2011. Les rédactions du Monde.fr et du Post.fr sont composées à plus de 50 % de précaires. Dans les autres services, aucune garantie de maintien de l'emploi n'a été apportée, alors que la fusion du Monde et du Monde interactif, annoncée par la direction du groupe, fait craindre de nombreuses suppressions de postes." Et dénoncent un "management par la peur – refus de contrats annoncés à la dernière minute, refus de tout engagement sur les titularisations, coupes dans les budgets".

 

NB: ce billet était au départ un commentaire.

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