CB News en redressement judiciaire, Yagg en danger

CB News, la société qui édite notament l'hebdomadaire spécialisé dans l'actualité des médias et de la communication du même nom, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre.

CB News, la société qui édite notament l'hebdomadaire spécialisé dans l'actualité des médias et de la communication du même nom, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. Un administrateur judiciaire devrait arriver la semaine suivante pour trouver un éventuel repreneur (Christian Blachas l'avait totalement repris en 2005 avec sa directrice générale Margareth Figueiredo).

La société, qui emploie une cinquantaine de personnes, était devenu lourdement déficitaire (1,3 million de pertes en 2009 pour un chiffre d'affaires de 4,5 millions d'euros, après une année 2008 affichant 280.000 euros de pertes pour un chiffre d'affaires de 5,3 millions) du fait de la baisse des volumes publicitaires. Ce, en dépit d'un retour de visibilité pour Christian Blachas avec la reprise de son émission «Culture Pub» (1987-2005 sur M6) sur la chaîne numérique terrestre NT1. Et d'une politique commerciale très volontaire basée sur l'organisations de multiples «Grands prix» (Grand Prix des médias, des collectivités locales, Hits d'or pour la création publicitaire et Effie pour l'efficacité des campagnes).

[Pour mémoire: Mediapart a obtenu le prix CB News du meilleur site d'information 2010]

 

Le même jour, le «pure player» lesbien, gay, bi et trans Yagg s'est également déclaré «en danger» et fait appel à la générosité publique – concrètement, à acheter un «poster» sur leur «mur» (de 15 à 349 euros) – pour «résoudre les problèmes immédiats de trésorerie qui hypothèquent sérieusement son avenir».

«Nous nous sommes lancé à une époque où nous pensions que la publicité nous permettrait de nous financer, explique le président de la société, Christophe Martet. Mais en mai 2008, la crise était déjà là et nous avons commencé à diversifier nos revenus, avec des opérations spéciales, des sponsors, des services aux entreprises ou de la création de contenu. Mais ça ne suffit pas. Nous avons fait de nouveau appel aux investisseurs [mi-2009, Yagg avait levé 180.000 euros venant de Rentabiliweb et de Thierry Wilhelm, qui est aussi actionnaire de Mediapart – via le fonds Financière Ox] qui ont du mal à se décider aujourd'hui. Mais pour nous, le moment de vérité se trouve dans les prochaines semaines. On saura alors si on continue ou si on arrête.»

Parmi les pistes envisagées par Yagg, on trouve le projet de proposer à coté du journal qui resterait en accès libre, un réseau social payant, qui fournirait des contenus spécifiques ou de nouveaux services («mais pas des rencontres, précise Christophe Martet, plutôt des offres professionnelles»). La société compte aussi sur la plateforme de mécennat que Rue89 est en train d'élaborer et qui permettrait aux lecteurs de s'engager ponctuellement ou régulièrement, sur un sujet particulier ou sur un projet à long terme.

Aujourd'hui, la communauté Yagg compte 6.000 inscrits, dont 450 blogueurs.

[Pour mémoire: outre le fait que Yagg est membre, comme Mediapart, du SPIIL, et que nous avons des actionnaires communs, la rédaction du site alimente régulièment une édition commune avec la rédaction de Mediapart sur l'actualité LGBT, Rainbow Warriors.]

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