Besoin de gauche... sans modération!

En écoutant hier soir les fadaises et les poncifs du «muscadin» de l'Elysée, confit en hâblerie et en conformisme, il m'est revenu le souvenir chaleureux des grands leaders de gauche, que ce soient Maurice Thorez, Marceau Pivert ou Pierre Mendès-France, avec leurs discours roboratifs et ces mots de liberté, d'égalité et de fraternité qui avaient alors une couleur et un sens républicains.

Et ce qui m'est apparu de plus odieux dans la prestation convenue du jeune porte-parole des classes possédantes, c'est l'inscription FRATERNITE qui s'imposait en fond de décor, à la gauche du bonimenteur, sur un tableau de Franck Shepard Fairey, apposé au mur.*

Car si le mur en question avait eu la parole, il n'eut pas manqué de faire observer au nouveau matamore que tout ce qu'il avait fait ainsi que tout ce qu'il envisageait de faire allait à l'encontre de ce mot sublime, ce concept révolutionnaire pour lequel des millions d'êtres humains se sont battus, en particulier les Communeuses et les Communeux, qui furent exterminés par les ancêtres de sa propre classe sociale.

C'est pourquoi aujourd'hui où l'on tourne une page du calendrier, je conjure tous mes amis et tous mes lecteurs, de ne pas macérer sur ces paroles hypocrites et faisandées, de ne plus prendre des vessies pour des lanternes, de ne pas se laisser aller à cette réaction démissionnaire que l'on entend un peu partout : "Il va sans doute réussir là où tous les autres ont échoué"...

Il n'y a pas de "pari pascalien" du macronisme : il incarne une droite technocratique musclée et impitoyable.

Notre liberté commence au moment où commence celle des autres, par fécondation réciproque.

Entrons dès à présent dans la nuit de la résistance !

Bonne année à toutes et à tous.

Salut et fraternité !

JAC

* ce tableau "Marianne", est l'oeuvre d'un artiste américain, pionnier du street art

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