..."La planète malade, la destruction du vivant, la technologie mise au service du contrôle social et politique, la destruction de la ville, la falsification de l'alimentation, le recul de la raison collective concomitante au règne de l'expert, l'impossibilité de toute réelle démocratie, bref, ce régime de séparation généralisée que Debord a appelé le "spectacle" produit sans cesse de nouveaux effets alors que s'affaiblit notre capacité à y résister. La pensée critique s'exténue, les pratiques adéquates et salutaires de contestation se raréfient. Telle la bulle surgissant de la mer dans la série Le Prisonnier , le "spectacle" a toujours le dernier mot pour digérer toute forme d'altérité, jusqu'à préférer celle qui lui convient le mieux, ô privilège de pouvoir choisir ses ennemis !
Le spectacle est ainsi devenu ce monde unifié dont on ne peut s'exiler."
C'est bien pourquoi ce blog qui a l'ambition de poursuivre, autant que faire se peut, le carnet de bord de Jacques Vingtras (l'insurgé, puis le proscrit) regrette que ceux qui veulent ébranler réellement une société inique ne soient pas encore arrivés à en stigmatiser les fondements : comprendre l'unité d'un régime civilisationnel , réductible ni au libéralisme , ni au capitalisme, ni à la société de consommation...
Les situs (situationnistes) ont irrigué les flux libertaires de Mai 68, mais ils ont vite été oubliés en succombant à la force des choses.
En 2022, le macronisme est cet ordonnancement du monde qui chasse le dehors et la dialectique, et qui veut être tout jusqu'à sa propre contestation !
"Si abolir le spectacle est une cible qui semble hors de portée, discerner et mettre en pratique les formes adéquates d'une contestation de ses effets nocifs et destructeurs est non seulement possible, mais nécessaire, et même vital."
Il faut fermer le rideau de scène.