L'épiphanie du prolétariat masqué

Le syndrome de Tours ayant acté qu'il faudrait désormais penser l'action révolutionnaire en termes de croyance plutôt que d'émancipation, les masses laborieuses n'ont pu échapper à la toute puissance de l'argent ; ainsi, écrit Raoul Vaneigem, « la machine du profit montre qu'au prétexte d'un virus de passage, elle a été capable de déclencher une véritable peste émotionnelle »...

... car "Une hystérie panique a poussé des millions d'individus à se terrer dans un coin, où le désespoir et la morbidité achèvent de les délabrer".

Et le philosophe-historien Raoul Vaneigem nous adresse ce message, pour la nouvelle année :

"Contre la manipulation de la peur

La crainte suscitée par l'apparition du virus, à la fois insolite et prévisible, a été délibérément amplifiée par le pouvoir à des fins désormais évidentes :

a) tenter de dissimuler l'état désastreux des structures sanitaires, devenues des entreprises à but lucratif.

b) obtenir à l'échelle planétaire un confinement des populations qu'aucun régime totalitaire n'avait réussi à imposer.

c) stimuler le développement du marché sécuritaire. En alimentant le fonds de commerce du populisme fascisant (racisme, sexisme, peur de l'autre), il profite aussi à une gauche trop heureuse d'avoir à combattre sur le front des idéologies plutôt que sur le front social où elle s'est discréditée.

d) la terreur où chacun se calfeutre joue en faveur du principal souci des gouvernants : durer le plus longtemps possible, même en pourrissant sur pieds.

Contre le marché de la tuerie sanitaire et sécuritaire

a) en France, la gestion politique des soins de santé a prémédité l'assassinat en série des premières victimes de la paupérisation : les retraités, les vieux, les dénués d'efficacité lucrative. La République des nantis a fait peser la main froide de l'argent sur la république des sans grade. Elle a agi et continue d'agir sous l'emprise d'une économie pour qui le profit à court terme compte plus que la santé d'un peuple. Ne nous y trompons pas : elle annonce sans ménagement la solution finale que la tyrannie mondialiste réserve aux peuples décidés à ruiner l'enrichissement des riches.

b) la sécurité garantie au citoyen par contrat social a laissé place à une idéologie sécuritaire qui accroît et multiplie les dangers, l'agressivité, les actes de folie. La police et la magistrature dont la fonction officielle est de nous prémunir contre les violeurs, les assassins, les empoisonneurs et les pollueurs en sont devenus les sbires en raison des tendances fascisantes encouragées en leur sein par l'Etat. La stratégie du bouc émissaire - qui accable pêle-mêle gilets jaunes, émigrés, manifestants écologistes, musulmans et incendiaires de poubelles - les frappe à leur tour au cri de " tout le monde déteste la police". Un tel enfumage a pour but de détourner notre attention de la liberté de nuire laissée à ceux qui dévastent impunément la planète et viennent "jusque dans nos foyers" violer notre liberté de vivre."

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