L'Europe d'en haut

La nomination aux deux postes clés du pouvoir exécutif européen d'une aristocrate allemande et d'une grande bourgeoise française montre si besoin en était, que les classes dominantes se sont bien enracinées aux commandes de l'Union européenne ; elles vont continuer à y mettre en oeuvre la politique néolibérale propice au maintien de leurs privilèges et de leurs profits...

...et puis la Commission de Bruxelles étant désormais pilotée par l'ancienne ministre de la défense allemande, Ursula Von der Leyen, le rêve de Charles Quint se trouve réalisé : l'hégémonie germanique sur l'Europe est un fait accompli.

Pourtant, on m'a sans doute considéré comme étant un hurluberlu lorsque j'ai proposé mon billet sur le cinquième centenaire de l'élection de Charles Quint à la tête du "Saint-Empire romain germanique", le 28 juin 1519 : ce rappel, jugé incongru par la rédaction de Mediapart*, était prémonitoire.

Mais revenons au présent : ce qui me semble le plus grave dans cette nouvelle configuration de la caricature européenne, c'est sa subordination aux volontés américaines via l'OTAN et la non régulation du commerce extérieur qui risque de porter un coup fatal à la production agricole et à l'élevage...

Sans oublier évidemment l'austérité imposée comme une règle de bienséance à "l'Europe d'en bas" qui n'a qu'à se résigner en écoutant pieusement "l'hymne à la joie"...

Quant à la sauvegarde écologique, elle restera sans doute un voeu pieux ou probablement un substitut de communication, puisque cette "Europe d'en haut" est crispée sur son égoïsme de classe et sa doxa productiviste !

Je souhaite bien du courage au parlement européen qui va devoir se colleter avec cet invraisemblable sac d'embrouilles et va essayer de se prononcer dans l'intérêt supposé du "bien public"...

On ne répétera jamais assez cette phrase de Bertold Brecht :

"l'avenir de l'humanité n'a d'intérêt que vu d'en bas"

* à qui j'ai écrit, deux fois, et qui n'a pas daigné me répondre !

 

 

 

 

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