Au moment où Nicolas Sarkozy,qui a verrouillé l'affaire Woerth/Bettencourt,joue sa dernière carte,celle de l'insécurité,n'est-il pas opportun de poser cette question,à laquelle répond trés bien <st
Au moment où Nicolas Sarkozy,qui a verrouillé l'affaire Woerth/Bettencourt,joue sa dernière carte,celle de l'insécurité,n'est-il pas opportun de poser cette question,à laquelle répond trés bien Manuel Valls,dans son livre "Pouvoir" (Stock) :
"Il y a deux raisons à ce constat. La première,c'est le formidable hold-up idéologique de Nicolas Sarkozy. Il a su s'emparer de la question sécuritaire - là où la gauche rechignait à s'en saisir - pour ne la traiter que superficiellement. Il a mis en place un traitement réactif se focalisant sur le symptôme mais pas sur la cause. Sa méthode,fondée sur la gestion à chaud des dossiers et les effets médiatiques,a entraîné une inflation législative sans précédent : 17 lois ont été votées en moins de huit ans.
La seconde relève de notre totale responsabilité. Marquée par la libération des moeurs qui a traversé tout l'Occident dans les années 1960,la gauche a lentement oublié que la sécurité est au fondement même du contrat social. Même si les choses changent,nous payons au prix fort des années d'incompréhension des enjeux. Alors que nous avons pourtant eu un grand ministre de l'Intérieur avec Pierre Joxe qui sut moderniser les outils de travail de la police,nous avons longtemps rechigné à voir dans la sécurité autre chose que de la répression. Pour nous,elle n'était acceptable que sous l'angle de la prévention. Et le délinquant n'était pas responsable puisque uniquement victime d'un environnement qui le façonnait. En refusant de voir que l'insécurité touche,en priorité et de manière cinglante,les plus fragiles et les plus modestes de nos concitoyens,le fossé s'est creusé avec ceux-là mêmes qui devraient être le coeur de notre électorat."