....il m'avait reçu en 1975, au micro de France Inter, à l'occasion de la sortie sur les écrans de mon film (censuré) "Dreyfus ou l'intolérable vérité" et à l'issue d'une conversation rugueuse et tendue, il m'avait reproché mon excessive agressivité !
A l'époque, je n'avais pas compris pourquoi ce journaliste, juif pied-noir originaire d'Oran, s'était élevé contre mon combat acharné pour dénoncer l'antisémitisme toujours présent dans la société française, mais je me rends bien compte aujourd'hui que la conscience de classe ayant induit la respectabilité bourgeoise des "honnêtes gens" ainsi que son corollaire la raison d'état, c'était une barrière à ne pas franchir !
Nous n'étions visiblement pas dans le même camp. Il l'a d'ailleurs prouvé en interdisant sur les antennes du service public la diffusion de mon film sur "l'intolérable vérité" lorsqu'il a accédé à la présidence de France-Télévisions.
Cela étant, Jean-Pierre Elkabbach a vite compris que l'actualité politique était d'essence théâtrale et il s'est ingénié à l'envelopper dans une dramaturgie dont il était le seul à pratiquer les règles, afin d'avoir le dernier mot pour se donner toujours raison...
Il est devenu ainsi peu à peu l'un des grands gourous talentueux de la parole politique, faisant ou défaisant les réputations voire les carrières !
Tant à la télévision qu'à la radio, il fut le grand héros de la bien-pensance des classes dominantes.
Georges Marchais ne s'y était pas trompé.
Ps/ ne pas oublier l'affaire scandaleuse des contrats juteux passés avec les producteurs-animateurs en 1996, qui ont conduit Elkabbach à démissionner de la présidence de France-TV