Médium 39

Ce dernier numéro de l'excellente revue de Régis Debray (le trente-neuvième) est piloté par son rédacteur-en-chef, Paul Soriano. Il traite de la problématique des Générations. 

Ce dernier numéro de l'excellente revue de Régis Debray (le trente-neuvième) est piloté par son rédacteur-en-chef, Paul Soriano. Il traite de la problématique des Générations. 

A l'instar de la règle fondamentale des arts martiaux et de Ip Man, explicitée par Wong Kar-wai dans son film "The Grandmaster", les idées, les sensibilités nouvelles se propagent comme des ondes et atteignent d'autres classes d'âge : "la transmission verticale se combine avec une propagation horizontale".

Effectivement l'échelle des évolutions voire des transformations de la société engendre des situations parfois difficiles à gérer. Ainsi Soriano écrit-il dans un texte liminaire :"La fin des Trente Glorieuses voit surgir une génération sacrifiée, déclassée, victime de ses ascendants imprévoyants, la génération dorée des baby-boomers. On ne rejette plus le poids de l'héritage, on déplorerait plutôt sa minceur et les dettes dont il est grevé - étonnant chassé-croisé entre créanciers et débiteurs ! Le conflit des générations se colore de ressentiment. Ce qui en fait à nouveau un sujet politique, mais sans rien d'héroïque... Du coup, on ne sait plus trés bien caractériser une génération, ni même la nommer, si bien qu'on la désigne par une lettre, génération X, Y, puis génération A, sans doute pour suggérer un nouveau départ, après tant de désillusions."

En effet  Boris Razon analyse l'enquête diligentée par France 2 sur le thème "Génération Quoi ?"

Ce numéro comporte aussi un brillant texte de Catherine Malaval "On a toujours vingt ans", ces "Chers disparus" de Paul Soriano, le "Malaise dans la généalogie" de François Warin. Ainsi qu'une savante étude sur l'Etherciel, ce monstre qui nous pend au nez puisqu'il s'agit de la mutation progressive du livre imprimé en écrans porteurs de mots (cf "Du livre à l'écran" d'Emmanuel Cauvin)

Sans oublier le "Pense-bête" (toujours jubilatoire) de Régis Debray qui se termine par ce voeu de panthéonisation pour Joséphine Baker :

"Entre ici Joséphine, avec ta ceinture de bananes !"


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