Le lion de la MGM et les larmes de crocodile

Désolante et pitoyable cette "passation de pouvoirs" entre Nicolas Hulot et François de Rugy retransmise sur les étranges lucarnes ! Dans une atmosphère crépusculaire, on avait tout à fait l'impression d'assister par effraction aux derniers et pathétiques moments du Titanic...

...en effet, tandis que le ministre démissionnaire pleurait comme le crocodile pris dans la nasse, son successeur (François qui rugit) faisait entendre à l'instar du lion de la Métro Goldwyn Mayer, deux grognements de satisfaction repue afin de remercier son dompteur élyséen.

Mais ce spectacle lamentable ne doit pas masquer la cruelle réalité d'une situation qui nous implique tous !

Car ce qui s'est joué là, c'est un moyen et un long termes de dégradation climatique et de destruction de la biodiversité ; avec le sombre horizon des convulsions naturelles, ouragans, cyclones, tsunamis ou sécheresse, désertification, fonte des glaciers, etc

Les classes dominantes qui ont confié leur destin à une élite de la bourgeoisie diplômée sont contraintes par l'économie de marché à privilégier le court terme afin de maintenir les privilèges et d'accroître les profits : d'où ce pragmatisme politique "après nous le déluge" !...

Les larmes de Hulot signifient cela bien sûr, mais elles voulaient dire aussi qu'il reconnaissait s'être fourvoyé en acceptant ce poste d'otage du libéralisme, c'est à dire finalement en devenant le complice involontaire d'une catastrophe annoncée.

Comme me le disait au début de l'été mon cher ami Jean-Claude Patrice*, nous sommes entrés avec Macron dans l'univers des fables, mais sans le génial La Fontaine

* cf mon billet intitulé "Désertique"

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