...il faut bien se rappeler que le souffle libertaire de la Commune étudiante était partie de là, de cette banlieue grise où les bâtiments universitaires jouxtaient les bidonvilles de Nanterre, occupés par un prolétariat ouvrier immigré.
Cinquante-cinq ans après l'embrasement national du printemps 1968, l'exécution à Nanterre d'un adolescent par un policier lors d'un contrôle de la circulation, vient de provoquer une émeute généralisée des jeunesses vivant dans la périphérie des grandes villes.
Cette banlieue est donc désormais un "lieu de mémoire", un lieu où se côtoient la précarité et la pauvreté des résidents, ainsi que l'arrogance flamboyante du capitalisme avec les hautes tours du quartier de la Défense, un lieu où les extrêmes se touchent sans se connaître.
On pourrait même dire que Nanterre est un lieu dialectique : c'est pourquoi, il constitue un lieu-détonateur, un vivier de révolte.
Que ce soit l'émergence utopiste de Mai 68 ou la réaction existentielle en 2023 d'une jeunesse marquée par le post-colonialisme, cette banlieue est un chaudron exemplaire, dont la bourgeoisie devrait surveiller la température si elle veut conserver sa domination et son pouvoir.
La crise profonde qui affecte la société française est sans doute la conséquence des aberrations politiques commises par toutes les gouvernances depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
Cette ardoise s'est alourdie avec le gaullisme car non seulement elle a été chargée de conflits potentiels dus à une décolonisation bâclée, mais elle s'est métamorphosée en déni démocratique puisque notre pseudo-république n'est pilotée que par un seul homme.
Mais "Le vent se lève il faut tenter de vivre !"*
* Salle C 20. Nanterre