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Billet de blog 7 janv. 2015

"Colombey-les-deux-mosquées"

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La parution tonitruante du dernier roman de Michel Houellebecq, "Soumission", est le révélateur de ce  "syndrome Charles Martel" qui ne cesse d'affleurer dans la société française lorsque elle est saisie par la grande peur de perdre son identité nationale.

Déjà en 1959, le général de Gaulle disait : "C'est trés bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne..." Et il terminait par cette boutade : "Je ne souhaite pas que mon village Colombey-les-deux-églises" s'appelle un jour Colombey-les-deux-mosquées."

Dans la cacophonie des réactions à ce livre-scandale, blasphématoire pour les uns, prémonitoire pour les autres, une chose est certaine : l'auteur a mis le doigt sur quelque chose d'essentiel, le désarroi d'une nation, ballottée dans les remous d'une mondialisation de plus en plus envahissante, l'angoisse d'un peuple qui a perdu le contrôle de son présent (et sans doute de son avenir) subissant la tyrannie économique du libéralisme dont le masque social-démocrate n'arrive pas à dissimuler la hideur.

Bref, cette fable Houllebecquienne ironique arrive à point nommé comme un anti-Candide Voltairien. Elle surfe sur le nihilisme du discours politique, elle est un véritable cri discordant, un signal d'alarme.

Mais elle ne doit pas faire oublier que le vent de l'Histoire peut se lever...et qu'il a toujours le dernier mot.

Soumission ? Non.

Révolution ? Plutôt.

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