Une cinglante paire de gifles

Alors que la plus grande partie des êtres qui habitent la terre des hommes aspire à la justice et à l'égalité, une petite minorité de privilégiés n'agit que pour son intérêt et pour la satisfaction de son propre bien-être.

Toutes les révélations en cascades concernant l'activisme fébrile de ces "paradis fiscaux" qui absorberaient (dit-on) le tiers des ressources financières de la planète, ne risquent pas de venir réchauffer "les eaux glacées du calcul égoïste".

Elle nous font bien comprendre que le "monde des riches" a ses raisons que l'humanité ne doit pas connaître.

En effet, comment ne pas se sentir insulté, bafoué, frappé lorsque ces "Panama papers" nous apprennent qu'une certaine catégorie de nos "concitoyens" échappent à l'impôt, c'est à dire au financement de cette charge commune que nous devons assumer, afin que l'Etat puisse trouver le moyen de faire face à ses obligations et aux services publics.

Jadis l'impôt était la redevance que le paysan payait au seigneur en échange de sa protection ; ensuite il est progressivement devenu multiple et véritablement intolérable lorsque le peuple est devenu "la cariatide des nantis"*, dans une nation où "le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne".**

Aujourd'hui, dans une démocratie, l'impôt direct est proportionnel aux revenus des citoyens et l'impôt indirect est perçu indistinctement.

Mais il faut bien rappeler que ces impôts ne sont ni des sanctions ni du vol : ce sont des contributions citoyennes à la vie de la communauté afin qu'elle puisse être organisée et gérée en fonction des besoins de ses membres : voierie, eau courante, déchets, entretien des bâtiments publics et des espaces verts, éducation, santé, police et défense nationale.

Refuser de participer à cet effort c'est refuser la citoyenneté, une contribution primaire à la solidarité nationale. Refuser l'impôt c'est se mettre hors la nation.

Ainsi j'estime que les exilés fiscaux ne valent guère mieux que les terroristes ; ils devraient être déchus de leur nationalité.

Mais le vent de l'actualité va bientôt chasser tous ces miasmes et remugles. Vent de paroles...

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches."***

* Henri Guillemin

** Voltaire

*** Victor Hugo

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