Ma réponse à Max Angel sur la problématique des G.J.

Parmi les 862 abonnés lecteurs de mon blog, que la comptabilité de Mediapart m'attribue, il en est un que j'apprécie beaucoup car il est intelligent, généreux et imaginatif : Max Angel m'a interpellé hier, avec pertinence, mettant ainsi le curseur de la réflexion politique là où il devrait être et qui semble échapper à la curiosité journalistique...

...en écrivant le deuxième volume des "72 Immortelles" (avant le 17 novembre 2018) j'avais exploré les pistes ouvertes par la fermentation politique communeuse et je m'étais aventuré dans l'examen incertain des constructions virtuelles du sociologue américain Murray Bookchin et aussi évidemment des bakouniniens de tout poil.

J'avais, sans doute grisé par l'illumination rimbaldienne, imaginé pour l'avenir un soulèvement populaire spontané et protéiforme afin de lutter contre cette inéluctable conformisme de la gouvernance des élites bourgeoises, cristallisée par le carcan oligarchique européen, dans cette mondialisation létale précipitant notre planète au chaos, riches et pauvres enchaînés.

J'avais aussi étudié la problématique des communs et toutes les initiatives hélas dispersées, telle que celle, sympathique, des colibris.

Mais j'aurais du mieux comprendre la prospective de Perag Khana et l'importance de son "Connecting people" puisque la révolte des ronds points a été rendue possible grâce à internet et à ce qu'on appelle improprement "les réseaux sociaux".

Cette force émergente bienvenue contre les nouvelles féodalités de l'argent, du savoir et du pouvoir, m'a immédiatement fait penser aux débats des Clubs rouges , désordonnés, foutraques et pour la plupart inaudibles...mais toujours rattrapés in extremis par le bon sens des intérêts de classe et de leur satisfaction : c'est là, dans ces églises parisiennes réquisitionnées tous les soirs, que s'est élaborée l'alliance des travailleurs manuels et des intellectuels, du prolétariat avec la petite bourgeoisie artisanale et commerçante.

C'est là qu'est née une nouvelle classe sociale : la classe de la conscience humaine.

Alors, cent-cinquante après, ne peut-on pas envisager de bâtir une union des classes défavorisées ?

Et le mouvement des G.J. ne propose-t-il pas la belle opportunité de faire table rase des oripeaux politiques du passé (les partis, les syndicats) pour inventer une structure numérique exprimant la volonté populaire ?

D'où cette revendication du RIC, dont on trouve l'origine dans les discussions des clubs de femmes en 1871...

La problématique de G.J. est en gestation, donc en devenir.

Sinon ce sera la démocrature.

NB - lire dans "Marianne" l'interview du prof Stéphane Sirot sur son analyse de la manif syndicale ratée du 1er mai

 

 

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