"Anathema" vient du grec, "suspendu". Un mot formé par l'association de "ana" (de bas en haut) et "tithémi" (placer).
Au cours des siècles, il a été récupéré et utilisé par toutes les églises, y compris pour désigner les sacrifices destinés à conjurer le mauvais sort.
Aujourd'hui, il est brandi et agité par les forces de l'intolérance, de la calomnie et du malheur, les prédicateurs de la haine, les ayatollahs de la délation, de la mise à l'index, de l'exclusion...A moins qu'il ne s'agisse que d'une manifestation de la bêtise.
Comme si les rapports entre les êtres humains devaient nécessairement être pollués, salis voire putréfiés par le soupçon récurrent d'infamie, de sombres calculs, de trahison et d'ignominies préméditées.
Cette pratique de l'anathème est d'autant plus intolérable lorsqu'elle s'exerce au sein d'une même famille et que le fraternel devient ainsi fratricide.
Et le fratricide aboutit au massacre indistinct de tous ceux qui ne peuvent se défendre...
C'est malheureusement ce qui est en train de se perpétrer entre "Charlie Hebdo" et "Mediapart", sous les yeux goguenards de la grande presse qui est la propriété des bourgeois milliardaires ; ils n'ont qu'à souffler sur les braises pour que l'opinion publique puisse se repaître des moustaches iconoclastes d'Edwy Plenel ainsi que de l'autodafé de son journal en ligne dont la disparition serait sans aucun doute la bienvenue !
Car les légendes noires ont la vie dure* : elles sont comme le chiendent, elles sont indestructibles et forgent ces "mauvaises réputations" que l'incomparable Léo Ferré pointait en gueulant : "Cette rumeur me suit longtemps, comme un mendiant sous l'anathème".
* Robespierre, Gracchus Babeuf, La Commune, Alfred Dreyfus, l'affiche rouge, etc...