Europe, anniversaire ou veillée funèbre ?

Le 9 mai 1950, cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le ministre français des affaires étrangères, Robert Schuman, lançait l'appel fondateur de la construction européenne.

Il annoncait la création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier (la CECA) regroupant l'Allemagne (République fédérale), la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Elle vit le jour grâce au traité de Paris en 1951.

Ce furent les prémices de la CEE (Communauté économique européenne) qui a été créée par le traité de Rome, le 25 mars 1957.

Pour justifier la naissance de la CECA, Jean Monnet expliquait à la presse américaine : "Aussi longtemps que l'Europe restera morcelée, elle restera faible, et sera une source constante de conflits...Nous voulons construire les Etats-Unis d'Europe, libres, vigoureux, pacifiques et prospères."

Ce 9 mai 1950, le soixante-troisième anniversaire de la première pierre de l'échafaudage européen, devrait être célébré comme un grand jour de fête si nous avions su respecter l'esprit des "pères fondateurs" :

"Nous avons acquis, par la démonstration des faits, que les nations, loin de pouvoir se suffire à elles-mêmes, sont solidaires les unes des autres ; que le meilleur moyen de servir son pays est de lui assurer le concours des autres par la réciprocité des efforts et par la mise en commun des ressources."

Ce 9 mai 2013, force est de constater que nous en sommes bien loin et que cette "Europe des 27" n'est qu'un assemblage hétéroclite de nations qui veillent jalousement sur leurs propres intérêts.

Robert Schuman est bien oublié.

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