C'est ainsi que la télévision de service public a décidé d'évoquer le mythe Bardot, l'une des facettes chatoyantes des "trente glorieuses" !
Ecrite et réalisée en 6 émissions d'une heure par la fille et le petit-fils de Gérard Oury, cette mini-série a commencé hier soir sa carrière sur France 2 en attirant un peu plus de trois millions de téléspectateurs.
Le travail de Danielle et Christopher Thompson est convenable tout en étant un peu scolaire et conformiste, tant sur le plan de l'écriture et des dialogues que par le casting retenu, en particulier pour le choix de celle qui incarne B.B., la comédienne Julia de Nunez (surprenante).
Mais comment peut-on revisiter un tel événement sans un minimum de réflexion, d'analyse et d'esprit critique ?
Car si l'émergence de la "femme libérée" est effectivement une révolution sociétale dans un monde dominé par le patriarcat, il eût été nécessaire sinon pertinent d'en indiquer les conséquences avec l'amorce d'un grand mouvement qui se développe aujourd'hui pour le plus grand bénéfice des nouveaux rapports entre les hommes et les femmes.
Brigitte Bardot, dont l'engagement pour la protection des animaux mérite le respect, s'est malheureusement fourvoyée dans les mirages du nationalisme d'extrême-droite à l'instar de la classe bourgeoise dont elle est issue.
La comédienne s'affirma dans "La vérité" d'Henri-Georges Clouzot, et elle fut un moment l'icône de la République.
Mais cette Marianne idolâtrée fut aussi l'héroïne du film d'Autant-Lara "En cas de malheur"...
J'espère que ce titre ne sera pas prémonitoire.