Dans une célèbre chanson de Guy Béart,c'est la déferlante des feuilles imprimées par les rotatives qui,tous les jours,vient alimenter et titiller l'opinion. Les faits,les événements et les émotions qui parcourent le monde. Les humeurs de la planète,et parfois,ses cris de joie, de protestation ou de révolte.
Dans son dernier édito du "Point" le père fouettard réactionnaire Claude Imbert,qui par ailleurs est un magnifique styliste,écrit à propos des ghettos de banlieue : "Les sauvageons y rappent,taclent,sapent et vapent au grand dam du bourgeois." Mais ce qu'il oublie de dire,dans son exécration du rastaquouère,c'est que la France nouvelle y est en train de se forger,et que les années 20 rendront sans doute justice aux "sauvageons" et aux Roms. Toute civilisation évolue,par à- coups, et construit des sociétés plurielles. Les Etats-Unis d'Amérique n'en sont-ils pas un exemple ?
Aujourd'hui,la chanson grise nous dégrise. Car cette affaire des retraites est en train de tourner à l'avantage de Nicolas Sarkozy,qui vient de bénéficier de l'approbation tacite de ...DSK,son adversaire supposé pour l'élection de 2012. Pour tous ceux qui viennent de manifester contre la retraite à 62 ans et qui s'apprêtent à manifester à nouveau ou à faire grève pour protester contre ce projet inique,c'est un camouflet !
Décidemment,on n'en finit plus de désespérer Billancourt...