L'insignifiance politicienne

Le sympathique cinéaste député de la Somme Ruffin ne me démentira pas si j'affirme que l'Assemblée nationale est une basse-cour sans miracles, une chambre stérile à l'unique dévotion du pouvoir exécutif, un vivier de la démission politique...

Au risque de frôler l'antiparlementarisme ou le poujadisme qui stigmatisait la "démocrassouille", il me semble opportun de pointer aujourd'hui l'état déplorable de la vie politique française dont la léthargie n'est troublée que par les convulsions médiocres des ressentiments personnels.

Que ce soit le déroulèdisme saccadé de Laurent Wauquiez qui peine à faire entendre ses cuivres, que ce soient les naufragés solfériniens qui occupent leurs loisirs à créer des "rassemblements autour de leur personne", que ce soit le cyclope du Front national qui s'accroche désespérément à un titre dérisoire de "président d'honneur", que ce soit enfin le sectarisme inextinguible du Barbaroux des insoumis qui fait des feux de camp sur son Aventin au lieu d'être l'hôte d'une table ouverte au "peuple de gauche"...le paysage après la bataille du nouveau quinquennat est un paysage pitoyable et désolant.

Comme si le curseur de l'histoire s'était soudain arrêté sur la Monarchie de Juillet, ou plutôt sur le Second Empire tellement la couleur macronienne dont est peinte la Ve République lui donne la mine chafouine de cette autocratie bourgeoise qui parait dynamique grâce au climat jeuniste et l'agitation fébrile des "élites"...

Ce rouleau-compresseur technocratique au service exclusif des classes dominantes, a un large boulevard devant lui car il a su manipuler les médias pour tuer ou anesthésier toute opposition. Il se trouve donc dans la situation d'une tête de gondole devant le lion de Saint-Marc.

Il faudrait un accident ou un événement majeur pour que le gratte-ciel macronien soit ébranlé voire fissuré.

Or la France ne mérite pas une telle déchéance ! Elle est l'héritière d'une longue histoire qui est celle de l'humanisme.

En réalité le calme de la société bourgeoise ressemble au calme des volcans mal éteints ; on l'avait bien constaté en mai 1968.

De toutes façons, le fond ayant été atteint, on ne peut que remonter...

Bientôt, le printemps.

 

 

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