Rojava : une guerre de classe !

L'invasion du Nord de la Syrie par l'armée turque marque non seulement le retour à la pratique des guerres coloniales mais c'est aussi et surtout une riposte létale du capitalisme à toute initiative d'émancipation sociale et d'autonomie des peuples asservis...

...et on est tous bien obligés de constater que la soi-disant "construction européenne" reste immobile et impuissante devant des événements qui laissent malheureusement pressentir une catastrophe humanitaire.

Comme si nous étions replongés à la veille de la deuxième guerre mondiale, avec le "Mourir pour Dantzig ?" de Marcel Déat publié à la une de "l'Oeuvre" le 4 mai 1939, qui n'était que la réaction d'un pacifisme dévoyé au "lâche soulagement" des "accords de Munich" donnant les mains libres à Hitler pour s'emparer du minerai de fer tchécoslovaque...

Aujourd'hui où le sultan-dictateur Erdogan profite du dérangement mental du maître américain pour déclencher une guerre impérialiste, il ne s'agit pas de "mourir pour le Rojava" mais de sauver les Kurdes d'un massacre annoncé et programmé de longue date par le capitalisme ottoman qui redoute la contagion politique et sociale diffusée par le municipalisme libertaire du Rojava dont les idées, reprises par le PKK, seraient susceptibles de se répandre en Turquie même !

Le rouleau-compresseur de l'armée turque est donc l'instrument d'une guerre de classe.

Alors est-il possible de tolérer que la Turquie soit encore membre de l'OTAN ?

Par ailleurs, cette offensive ne va-t-elle pas profiter aux hordes barbares de l'ex califat DAESH pour se regrouper afin de poursuivre le djihad ?

En 1871, l'armée prussienne qui assiégeait Paris, avait autorisé le passage de plusieurs divisions versaillaises pour qu'elles prennent les Fédérés à revers. Et ensuite, elle avait assisté, impassible, aux massacres de la Semaine Sanglante !

Allons nous, aujourd'hui, rester indifférents à cette opération génocidaire ?

Un crime contre l'humanité.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.