LA SARKO-LANGUE (POUR LES NULS)

"On s'demande c'est à quoi ça leur a servi"

"On commence par les infirmières parce qu'ils sont les plus nombreux"

"J'écoute,mais je tiens pas compte"

"Merci Ma'me Chabot"

Voilà quelques morceaux choisis de la Sarko-langue qui se passent de commentaires. Tant et si bien qu'un député de l'opposition,élu du département de l'Eure où j'habite,François Loncle,a déposé une question publiée au Journal Officiel du 16 février : il y interpelle le Ministre de l'Education Nationale Luc Chatel pour lui faire respecteusement remarquer que "le Président de la République semble éprouver quelques difficultés à pratiquer la langue française...Il multiplie les fautes de langage,ignorant trop souvent la grammaire,malmenant le vocabulaire et la syntaxe,omettant les accords... et privilégiant les formulations souvent vulgaires..." Alors que les pays francophones s'apprêtent à fêter la semaine de la langue française,qui se déroule du 13 au 20 mars,François Loncle demande au Ministre en question de "bien vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre au Président de la République de s'exprimer au niveau de dignité et de correction qu'exige sa fonction" et ce "afin de remédier sans délai à ces atteintes à la culture de notre pays et à sa réputation dans le monde."

Chacun se souvient du "casse-toi,pauv'con" balancé au salon de l'agriculture à un visiteur qui avait refusé sa poignée de main,le 23 février 2008. Depuis,il a continué,et même surenchéri en voulant systématiquement "faire peuple". Mais cette rupture avec le beau langage que pratiquaient ses illustres prédécesseurs,s'est retourné contre lui. Les Français sont choqués. Cela participe de son impopularité.

François Loncle attend la réponse à sa question écrite ; le Ministre dispose de trois mois. Et le député de rêver, avec un grand sourire : "Après tout,le Président peut se corriger,il n'est qu'à mi-mandat !"

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