La politicaillerie

Alors que la droite nationaliste tente de se rebaptiser afin de mieux tromper les électeurs et que le radeau de la méduse solférinien envoie des signaux de détresse au paquebot Macron, la population française attend l'arrivée du printemps de la réforme tous azimuts qu'on lui a fait miroiter...

Je n'ai jamais caché mon estime pour la qualité historienne des travaux de Jacques Julliard mais je dois dire que son obstination à louer les mérites du système électoral français, basé sur un deuxième tour qui élimine finalement le candidat minoritaire dont les électeurs constitueront désormais les exclus de la République, me semble aussi obsolète que dangereuse.

Car, si effectivement le système en question (celui de la Ve République) permet l'émergence d'un pouvoir assuré de la stabilité  grâce au soutien d'un groupe suffisant de députés-godillots, il n'en est pas moins un véritable déni de démocratie.

Et ce vice citoyen est tel qu'il provoque dans le pays non seulement des frustrations et des malentendus mais aussi du refus et de l'hostilité ...jusqu'au jour où ce sera "le matin du grand soir".

C'est ainsi que la vie politique française a évolué depuis 1958, vers ce qu'on pourrait appeler "les jardins du roi", avec son poulailler qui est placé sous la gestion et la surveillance des partis politiques.

Pour avoir accès au banquet du pouvoir, il faut montrer patte blanche, c'est à dire il faut être adoubé par une faction politique.

Le "Front National"*, cet avatar du boulangisme, n'a pas échappé à cette règle et, pour tenter de faire oublier ses racines vénéneuses, il a feint de gommer ses aspérités racistes et se propose de revêtir désormais la houppelande du berger pour être admis dans l'enceinte de Maître Pathelin : "bê bê bê bê bê..." pourront psalmodier ses moutons, bientôt encadrés par les chiens de l'homme à la parka rouge, alias Wauquiez.

Quant aux résidus du hollandisme, ils ont trouvé leur salut par la bouche du fougueux Le Foll, l'homme qui avait inventé le sublime slogan "Eh Oh la gauche !" puisqu'il a prononcé la sentence : "Après tout, ce Macron vient de nos rangs, c'est nous qui l'avons fait !..."

Le Thiers-Etat a encore de beaux jours devant lui.

* en fait le titre "Front National" appartient au PCF qui l'a créé en 1943, dans le sillage du CNR et du COMAC, afin de grouper sous sa houlette, tous les résistants progressistes. Jean-Marie Le Pen l'a donc volé mais une procédure engagée par le PCF fut jugée irrecevable dans la mesure où le titre en question n'avait pas fait l'objet... d'un dépôt légal à l'époque !

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