...et gare à la revanche / quand tous les pauvres s'y mettront",cette célèbre chanson de la Commune pour introduire une citation de Jules Vallès afin de briser un peu ce climat délétère dans lequel nous vivons entre rumeur et chienlit.Et pour apporter ma contribution au débat sur l'identité nationale...
"Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule des canons,cette odeur de bouquets,le frisson des drapeaux,le murmure de cette révolution qui passe,tranquille et belle comme une rivière bleue ; ces tressaillements,ces lueurs,ces fanfares de cuivre,ces reflets de bronze,ces flambées d'espoir,ce parfum d'honneur,il y a là de quoi griser d'orgueil et de joie l'armée victorieuse des républicains...
Quoi qu'il arrive,dussions-nous être de nouveau vaincus et mourir demain,notre génération est consolée ! Nous sommes payés de vingt ans de défaites et d'angoisses...
Embrasse-moi,camarade,qui a comme moi les cheveux gris ! Et toi,marmot,qui joue aux billes derrière la barricade,viens que je t'embrasse aussi !...Tu pouvais,comme nous,grandir dans le brouillard,patauger dans la boue,rouler dans le sang,crever de honte,avoir l'indicible douleur des déshonorés !
C'est fini !
Nous avons saigné et pleuré pour toi.Tu recueilleras notre héritage.
Fils des désespérés,tu seras un homme libre."
(Jules Vallès,"L'insurgé",chapitre XXVI)