Une métamorphose citoyenne?

Le XXIe siècle verra-t-il enfin la société française orientée vers un «cap de bonne espérance» ? L'état pitoyable de la vie politique aujourd'hui, pourrait en faire douter car la république bourgeoise a choisi de corseter la lutte des classes pour suivre dans l'allégresse, le libéralisme mondialisé...

Si la IIIe république a été secouée par de multiples scandales - dont les deux principaux sont le boulangisme et l'affaire Dreyfus - c'est parce qu'elle n'avait pas pu assimiler le choc du massacre de la Commune et la perte d'une partie du territoire national ; si les deux guerres mondiales du XXe siècle ont obéré encore plus profondément la cohésion française ; si "l'étrange défaite" et le régime de Vichy laissent encore un goût putride dans nos esprits ; si les décolonisations et leurs effets induits brouillent encore nos valeurs et nous mettent en parfaite contradiction avec la triade républicaine liberté égalité fraternité... il n'est pas étonnant de nous retrouver dans un cul de sac.

JLM a le bon réflexe lorsqu'il prévoit d'organiser une vaste opération de pédagogie politique à partir du maillage de "la France insoumise" car c'est aborder le véritable problème : celui de la métamorphose citoyenne.

Car il est évident que le peuple sera toujours floué par les classes dominantes et par leurs "élites" dans la mesure où elle contrôlent tous les vecteurs d'information, de communication et d'enseignement civique.

Et quels que soient les efforts des uns et des autres, il ne saurait y avoir un risorgimento de la gauche, des gauches, si le socle de la citoyenneté reste sous l'emprise permanente des "honnêtes gens", c'est à dire de la bourgeoisie triomphante.

Elle a réussi à la fin du XVIIIe siècle, à détourner la Révolution française à son profit, elle a surmonté les trois révolutions du XIXe siècle, elle a survécu à l'opprobre du pétainisme en se réfugiant derrière le bouclier des notables, elle nous fait aujourd'hui le coup du jeunisme, de la technocratie apolitique et de cette fausse mystique de la "réforme" qui masque toujours une martingale réactionnaire.

Stop. Il serait temps que l'histoire change !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.