Ainsi est intitulé le volume 5 d'une oeuvre monumentale, "Les hommes de la liberté",malheureusement interrompue par la disparition de l'auteur pour lequel j'ai une pensée affectueuse en ce 14 juillet 2010.
Ce devait être une oeuvre monumentale car l'ambition de Claude Manceron n'était pas moins de balayer toute l'histoire de la Révolution française par des biographies croisées de ses principaux acteurs,illustres ou inconnus. Il débutait cette fresque gigantesque par le suicide d'un pauvre bougre,nommé "Humain" et devait l'achever avec l'exécution de Gracchus Babeuf. Le tome 5 se termine avec Elie et Hulin,placés sans l'avoir cherché à la tête de l'insurrection parisienne qui prend la Bastille,la retraite de Besenval qui commande les troupes royales,et ce commentaire de l'ambassadeur de Grande Bretagne : "Ainsi s'est accomplie la plus grande Révolution dont l'Histoire ait conservé le souvenir...Dès ce moment,nous pouvons regarder la France comme un pays libre,le Roi comme un monarque dont les pouvoirs sont limités,et la noblesse comme réduite au niveau du reste de la nation.".
"Le sang de la Bastille" achève une première partie de l'oeuvre,intitulée "Les racines". Elle comporte : "Les vingt ans du Roi"(1774-1778) - "Le vent d'Amérique" (1778-1782) - "Le bon plaisir" (1782-1785) - "La révolution qui lève" (1785-1787) et "Le sang de la Bastille" (1787-1789).
On retrouve dans ce volume 5 des hommes et des femmes célèbres : de Malhesherbes à Necker,de Condorcet à Brissot,de La Fayette à Mirabeau...Pendant deux ans,le fil conducteur des événements accuse la dégradation de la Monarchie,jusqu'à la réunion des Etats-Généraux. Calonne,Brienne sont renvoyés après de vaines tentatives de réformes. Louis XVI,lui-même trés diminué,fait appel à Necker,mais avec l'arrière-pensée de le renvoyer dès qu'il pourra. Ce sera chose faite le 12 juillet,et cela mettra le feu aux poudres à Paris...
Il faut lire (ou relire) Manceron en cette période de turpitudes où le prévaricateur nous abreuve des ses forfanteries qui pourraient nous conduire à nous interroger sur les "leçons de l'Histoire".
Comme l'a dit Saint-Just "le sang de la Bastille cria dans toute la France". Il n'en finit plus de crier.