...mais je crois qu'il n'est pas inutile de rappeler l'origine de cette déviance car elle a été instaurée par la IIIe République.
Fin juin 1880, l'Assemblée nationale qui venait de voter l'amnistie générale pour les Communeux, décida que le 14 juillet serait désormais le jour de la fête nationale pour la République française, et que cette commémoration serait honorée par un grand défilé militaire à l'hippodrome de Longchamp en présence du Président Jules Grévy et des corps constitués.
Mais pourquoi ne pas avoir renoué avec le souvenir de la grande fête pacifique du 14 juillet 1790 où s'assemblèrent au champ de Mars les délégations de toutes les provinces françaises, avec une démonstration ostentatoire et belliqueuse ?
Pour deux raisons : la première afin de montrer qu'après la tragique défaite de 1870 l'armée française s'était reconstituée et se tenait prête à venir libérer les deux provinces annexées par l'Empire allemand ; la seconde pour laver "dans un bain lustral" patriotique l'honneur détruit d'une armée qui avait massacré une partie de la population parisienne lors de la Semaine sanglante du printemps de 1871 !
Mais aujourd'hui où la république bourgeoise domine la société avec son monopole de la communication publique et grâce à un système parlementariste sous le joug légal du pouvoir exécutif, pourquoi ne pas revenir à une célébration citoyenne et pacifique de la fête nationale ?
Parce que la "France d'en haut" a besoin d'un bouclier militaro-policier qu'elle congratule et honore le 14 juillet. En utilisant à son profit le tropisme cocardier !
Fête nationale ? Non, plutôt fête des "honnêtes gens", ceux des classes sociales aisées, au lieu d'être une fête populaire...avec néanmoins l'octroi d'un feu d'artifices somptueux pour les gogos.
"Déculottons nos phrases pour être à la hauteur des sans culottes !" *
*Sorbonne, Mai 68