L'inéluctable boomerang

Les mots et les larmes semblent bien superfétatoires devant ces terrifiants massacres qui nous endeuillent, dans ce quadrilatère parisien, véritablement prédestiné, puisqu'il a été le théâtre de nombreuses tragédies, notamment les derniers combats de la Commune et l'effroyable tuerie du métro Charonne...

Les mots et les larmes semblent bien superfétatoires devant ces terrifiants massacres qui nous endeuillent, dans ce quadrilatère parisien, véritablement prédestiné, puisqu'il a été le théâtre de nombreuses tragédies, notamment les derniers combats de la Commune et l'effroyable tuerie du métro Charonne...

Mais si l'émotion est évidemment omniprésente ainsi que notre vive compassion pour toutes ces malheureuses victimes et leurs familles, il n'est pas interdit de réfléchir à la signification de cet acte de guerre.

Sans jactance inutile, on pouvait logiquement s'attendre à une violente réaction djihadiste de cette pieuvre islamiste dont nous avons contribué à nourrir la puissance par nos erreurs et nos contradictions, que nous avons défiée - au nom de la démocratie et des droits de l'homme - en laissant éradiquer les dictateurs Sadam Hussein et Khadafi, en nous laissant guider par la politique extérieure aveugle des Etats-Unis, pétrie d'arrogance bushiste afin de préserver les sacro-saints intérêts de l'impérialisme américain.

"Personne n'aime les missionnaires armés !" avait dit Robespierre en son temps, et cela reste toujours valable, même au XXIe siècle.

Mais nous sommes désormais prisonniers de cet engrenage mortifère, et il semble quasiment impossible de s'en dégager...

Pourtant, si l'on la sagesse d'écarter l'imbécile solution d'une guerre à outrance - dans l'air et au sol - contre DAESH, il serait possible d'envisager un bouclier diplomatique contre la menace terroriste en additionnant et en coordonnant toutes ses cibles potentielles dans une vaste coalition euro-russo-americano-irano-turque, qui serait en mesure de couper tout soutien financier et tout approvisionnement des voyous meurtriers du djihad par les émirats du golfe.

Pour cela, il faudrait faire preuve d'une intelligence géopolitique qui ne paraît pas être la qualité dominante de nos "hommes d'Etat". 

Comme dirait Cicéron : "Cedant arma togae !"

 

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