Les oies du Capitole roupillent

Alors qu'on pourrait enfin dire toute "l'intolérable vérité" sur Napoléon Bonaparte, né il y aura bientôt deux siécles et demi à Ajaccio, la torpeur estivale masque l'information sur l'évolution des problèmes qui gangrènent la planète

Mais faut-il vraiment s'alerter au sujet de l'effondrement de la livre turque alors que cette démocrature ne respecte aucun des engagements qu'elle a contractés et qu'elle continue à massacrer les Kurdes en Syrie aussi bien que sur son propre territoire ?

Faut-il se satisfaire des accords passés dans l'urgence pour que le bateau-passeur de réfugiés puisse se mettre à quai dans le port de La Valette et y débarque les naufragés qu'il a recueillis ? 

Quid du prochain contingent ? Quid des réfugiés qui vont sans cesse arriver ? Quelle sera la politique européenne ?

Faut-il s'étrangler de fureur quand le dictateur russe laisse mourir un cinéaste et quand le super-Ubu américain continue à détricoter la démocratie de l'Oncle Sam avec ses tweets délétères ?

Faut-il hurler contre Netanyaou qui persiste à orienter Israël vers un état fascisant ?

Faut-il attendre encore quelques jours pour étouffer sous la prochaine canicule alors que les principaux pollueurs du monde continuent à cracher leurs torrents de fumées toxiques sans la moindre précaution et en toute impunité ?

Faut-il se boucher les yeux et les oreilles pour ne plus voir et ne plus entendre ces millions d'appels désespérés de celles et de ceux qui crèvent de faim et d'indignité un peu partout sur cette planète ?

L'effondrement du viaduc Morandi à Gênes est une allégorie de ce monde pourri, qui se décompose.

Il faut réveiller les oies du Capitole.

 

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