Il était malheureusement prévisible que Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, reviendrait bredouille de Bruxelles où il devait plaider la cause des éleveurs de porcs français.
Ainsi notre pays qui est en voie de désindustralisation progressive, est en train de perdre sa qualité de grande nation agricole. Et si aujourd'hui la crise concerne le lait et la viande, il n'est pas exclu qu'elle atteigne bientôt les céréales et la production vinicole...
Cette situation est préoccupante et ne peut se traiter ni par des coups de menton ni par l'envoi des compagnies de CRS pour stopper les tracteurs de la révolte paysanne.
La technocratie agricole estime qu'il faut restructurer l' économie de la terre et penche (probablement sous l'influence de la FNSEA) vers un soutien aux grandes exploitations. Mais ce tropisme bureaucratique est en contradiction avec la géographie de notre pays dont l'histoire nous a appris qu'elle est née du travail familial en petites parcelles et qu'elle a peu à peu évolué vers la recherche de la qualité plus que de la quantité.
L'agriculture bio constitue aujourd'hui un aboutissement logique de cette longue mutation.
Il est évident qu'il faut agir immédiatement, non seulement pour simplifier la paperasse administrative qui obère le bon fonctionnement des petites exploitations mais aussi pour alléger leur fiscalité.
Il faudrait aussi avoir le courage de s'opposer aux lobbies de la distribution en fixant des prix-planchers pour les supermarchés...
Par ailleurs, il serait vital pour le monde agricole français que François Hollande tienne enfin sa promesse du Bourget : la renégociation du traité abscons qui a fondé l'Union européenne sous domination allemande.
Le salon de l'agriculture va ouvrir ses portes le 27 février prochain : sera-t-il le starting-block d'une réédition de la grande Jacquerie de 1358 qui a ébranlé tout l'Occident médiéval ?