QUAND L'HISTOIRE SE DONNE EN SPECTACLE (suite)

Dans un billet précédent,enregistré au lendemain de la diffusion des deux premiers numéros d'"Apocalypse" par France 2,j'avais exprimé une critique fondamentale sur le bien-fondé de cette entreprise. C'était donc une critique sur le fond. Après avoir vu les parties 3 et 4 de cette série,je peux affiner ma critique sur la forme. Elle ne portera pas sur la colorisation à propos de laquelle tout a été dit ,mais sur la manipulation des archives utilisées comme des matériaux de spectacle (ce qui donne les meilleures séquences avec les combats aériens et le torpillage des cargos) et comme des images non situées (= non datées) pour étayer le commentaire dont l'écriture est toujours aussi médiocre. Archives de la campagne de Pologne (Hitler dans l'avion,cheminée coupée en deux par un obus,etc) utilisées pour l'opération Barbarossa,archives d'un Oflag (documents tournés par des prisonniers de guerre français) utilisées hors contexte. Tentative (louable) de faire un sort à la micro-histoire qui parait bien futile et bien inutile à côté des opérations de guerre...La construction des émissions est semblable à celle des films de Capra "Pourquoi nous combattons" (séquences parallèles,utilisation de cartes du front) mais ne vont pas jusqu'à moderniser ce dispositif en se servant d'écrans découpés comme dans "24 heures chrono" et en ne suivant pas la démonstration rigoureuse de Marc Ferro ("Histoires parallèles").

Il ne s'agit donc pas d'un travail historique sérieux et novateur (critique) mais d'une opération d'histoire bling-bling destinée à enraciner cette relecture dans son manichéisme d'origine et ...à faire de l'audience.

 

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