Le verre à moitié plein

Après avoir déchaîné les commentaires suite à mon coup de gueule sur l'apologie ad nauseam des bleus, je consacre ce mille-huit-centième billet à l'énantiosémie culturelle que masque sans doute la réaction populaire exubérante à cette glorieuse péripétie footballistique...

...car si une majorité de la population, toutes classes sociales confondues, est disponible pour un embrasement affectif consécutif à un jeu de ballons, elle est probablement aussi mobilisable pour un grand enjeu moral et social voire pour une cause humanitaire.

Il vaudrait tout de même mieux de s'enthousiasmer et de manifester pour la fraternité que pour une nouvelle étoile sur un maillot !

D'ailleurs les rassemblements festifs ont parsemé l'histoire de France, non seulement à l'occasion de la fin des conflits ou des guerres, mais aussi et surtout lorsque l'espérance de liberté et de justice sociale faisait oublier les heures sombres, comme le 28 mars 1871 pour la proclamation de la Commune ou en 1936 avec la victoire électorale du Front populaire.

D'où mon optimisme relatif après le coup de colère stigmatisant cet imbécile chauvinisme que le pouvoir présidentiel tentait de récupérer à son profit, moyennant une com démagogique effrénée*...

Aussi je focaliserai mon analyse des événements du 16 juillet sur la fenêtre du "collectif" : c'est formidable de réapprendre à vibrer toutes et tous ensemble dans cette période où l'individualisme  est exalté par le macronisme afin de prévaloir dans la société pour installer dans un pays de culture latine, un mode de vie à l'anglo-saxonne, basé sur la compétition et la réussite personnelle...

Et cet aburde poison bourgeois qui traduit en réalité un souverain mépris de "la France d'en bas", s'accompagne d'un geste "commercial" pour promouvoir l'apprentissage dans les "quartiers défavorisés" afin sans doute, de retrouver l'homéopathie placebo (le foot) de Bernard Tapie pour guérir les banlieues !...

Le Président qui est parait-il un homme cultivé, pourrait méditer ce qu'écrivait Saint-Exupéry dans "Terre des hommes" :

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout d'unir les hommes : il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des relations humaines."

Un changement radical de société pourrait aussi générer une fort belle liesse !

* mais les sondages ne semblent pas indiquer une hausse de la cote du Président !

 

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