Convergence des luttes ou fédération des colères?

A mi-mandat d'Emmanuel Macron, toute «la France d'en bas» râle, grogne, vitupère, hurle... contre cette gouvernance autocratique qui a décidé d'oublier le programme du CNR et de casser le système de protection sociale pour que notre pays plonge dans le néolibéralisme bourgeois et technocratique...

...et c'est ainsi que tous les personnels des services publics ainsi que les laissés pour compte de la société se sont retrouvés dans les rues, portant des pancartes et criant leur mécontentement !

Des blouses blanches aux étudiants en passant par les agriculteurs qui vont déverser des tombereaux de fumier devant les préfectures, sans oublier les cheminots et les agents de la RATP, les retraités réduits à la portion congrue, les chômeurs et tous ceux qui ont enfilé un gilet jaune pour manifester dans les rond-points ou chaque samedi dans une marche de protestation dont l'itinéraire a été indiqué par les réseaux sociaux,...bref une grande partie de la population vient exprimer son ras-le-bol d'être méprisée et manipulée.

Mais le pouvoir ne s'en émeut guère car il spécule sur la fragmentation des mouvements de protestation dont l'essentiel ne repose généralement que sur un bien-fondé corporatif et des avantages acquis au cours des grands combats syndicaux du passé.

C'est pourquoi il est bien difficile sinon impossible d'envisager ce qu'on appelle "la convergence des luttes". Chacun prêche pour sa boutique tout en reconnaissant les bonnes raisons des actions revendicatives des autres...

Avec un petit chef d'oeuvre intitulé "Histoire d'un ruisseau", le géographe communeux Elisée Reclus, nous a montré que la nature nous avait depuis toujours indiqué la solution puisque les fleuves charrient leurs alluvions vers la mer ou les océans après avoir été abreuvés et nourris par des centaines de petites sources, de ruisselets et de rivières : la fédération des eaux de ruissellement.

Alors, ne serait-il pas possible d'imaginer l'existence d'un large fleuve de la colère populaire qui fédérerait toutes les frustrations, tous les mécontentements, toutes les revendications...afin de faire plier voire de chasser cette pseudo république basée sur "la barbarie anonyme et glacée du pouvoir de l'argent" ?

J'écris ton nom, fraternité.

 

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