Irrespirable !...

De quelque côté que l'on se tourne, il faut bien reconnaître que tout est trivial, laid et insupportable. Depuis le début de ce quinquennat en "marche arrière" le fond de l'air est glauque et la puanteur ambiante nous suffoque...

... car l'horizon s'est rétréci et borné comme dans l'un des terrifiants contes d'Edgar Poe, altérant les couleurs naturelles et travestissant la vie en monstruosités sur pattes ou en golems vénéneux.

Lorsqu'on parcourt les fenêtres des divers journaux en ligne, on est immédiatement saisi par la répulsion, on est pris de nausées irrépressibles et on a une formidable envie de quitter l'abomination d'un monde devenu de plus en plus abject et inhumain : foutre le camp !

Pourtant, lorsque l'on observe l'histoire et l'évolution des mentalités humaines depuis des siècles, on constate qu'il y eut bien des périodes insupportables voire terrifiantes de néantisations et de déconstructions : ne serait-ce pas la nature particulière des transitions, des charnières voire des ruptures ?

Les deux premières décennies du XXIe siècle nous ont permis d'accumuler les stupéfiants progrés de la technologie tandis que la vigueur philosophique régressait ainsi que la morale collective. C'est ainsi que la science risque de n'être désormais qu'une "ruine de l'âme" alors qu'elle devrait au contraire nous donner des armes pour lutter contre toutes les nuisances qui cernent les hommes.

Ce fut jadis le grand rêve des Lumières dont nous avons la trace avec "L'encyclopédie" ; ce pourrait être aujourd'hui une extraordinaire source cognitive avec Google et tous les sites de connaissances que l'on trouve sur le Web.

Mais en s'emparant de la toile, la pieuvre capitaliste l'a orientée à son service et à son profit : elle est à l'origine de l'édification d'un monde de faux semblants reposant sur de vraies valeurs falsifiées ou contournées. Et pour couper court à toute contestation légitime, elle sait admirablement faire diversion.

En ce moment notamment, elle alimente généreusement toutes les campagnes relatives aux turpitudes de la vie privée de celles et de ceux qui sont sous les feux des projecteurs...car, pendant que l'on amuse la galerie, on exécute les basses oeuvres de la casse sociale ou de la manipulation politique.

Il faut sortir des écuries d'Augias !

 

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