A en juger par toutes ces photographies de l'opinion que l'on appelle sondages,il ne faudrait plus compter que sur la perspicacité,le courage et la ténacité de nos journalistes d'investigation pour que les scandales d'Etat obligent le tenant du pouvoir,en explosant, à vider les lieux...En effet,l'Etat-UMP ayant largement transgressé "l'éthique des moyens",il ne nous reste plus qu'à nous réfugier dans cette "éthique de détresse",chère au philosophe Paul Ricoeur.
"...il se peut que j'aie un jour à vouloir la défaite de mon Etat,s'il ne mérite absolument pas de survivre,s'il ne peut plus être du tout l'Etat de la justice et du droit,bref s'il n'est plus du tout l'Etat ; cette décision est une décision terrible ; elle porte un nom : le devoir de trahir."*
Si nous refusons de nous placer dans la perspective du défaitisme politique,il faut absolument que notre "objection de conscience" touche le plus grand nombre de nos concitoyens. Il faut pour cela,à l'instar de Bertolt Brecht avec son "Opéra de quat'sous", dénoncer les "méfaits de la bonté dans un monde méchant".
"Ainsi l'éthique se décompose sans cesse entre un témoignage de bonté,incapable de se situer politiquement et parfois nocif à long terme,et une efficacité meurtrière pour les hommes et ruineuse pour la bonté elle-même ; cette décomposition est le fruit constamment amer de l'existence politique devenue folle."*
Il est grand temps d'arborer le pavillon de détresse sinon l'étendard de la révolte.
*Paul Ricoeur "Histoire et vérité" (Seuil,1955)