...et c'est ainsi que d'excellents billets, intelligents et clairvoyants, comme celui posé récemment par Max Angel ("Un monde sans mémoire se condamne") passe à la trappe alors qu'il apportait un regard historique indispensable sur le sémitisme !
Je cite cet exemple parce qu'il est contingent de la campagne de lutte contre l'antisémitisme et de toutes les manifestations qu'elle a suscitées, mais lisant le plus souvent possible les textes des abonnés juste publiés sur la page intitulée "depuis 48h", je trouve que la sélection qui en est opérée n'est faite que dans l'esprit étriqué d'une certaine idée d'un journalisme oblatif et honnête, sans doute plénélien, mais qui écarte ce faisant toute ouverture philosophique sinon toute réflexion concernant la sociologie politique...
Et c'est bien dommage car il y a d'inépuisables ressources d'intelligence, de culture et de travaux heuristiques dans le vivier des abonnés de ce journal participatif, qui était original dans la mesure où il voulait désenfumer une opinion publique anesthésiée par la grande vague bien-pensante des médias, mais qui se laisse peu à peu glisser vers le conformisme afin de ratisser le plus largement possible.
Cette maladie est certes inhérente à la nature particulière des passeurs d'actualités, qui oscillent toujours entre le fait d'être des journaux d'information et des journaux d'opinion, mais le désir de constituer une agora accessible par tous devrait comporter des règles éthiques incontournables afin de garantir la liberté d'expression !
Je me suis abonné à Mediapart en 2009 parce que j'espérais qu'il désenfumerait l'information et aussi parce ce qu'il serait en mesure de proposer de fructueux débats sur les questions majeures.
Le pluralisme et l'esprit critique sont des valeurs inestimables.
Le cri du peuple doit être entendu.