Alors qu'au Festival de Cannes, sous une pluie continue, on s'apprête à exhumer "Le joli mai" de Chris Marker et Pierre Lhomme, film dans lequel je figurais, ce cinquantième anniversaire du printemps de 1963 est tristement célébré aujourd'hui  par la grimace maussade d'un hiver prolongé.

Effectivement ce temps pourri qui est à l'unisson de l'état de notre société, exprime bien la déprime qui nous a gagné sinon la désespérance des classes populaires qui ne peuvent que souffrir d'une aggravation de leur condition, après avoir tant espéré un changement devenu hypothétique.

Au moins en 1963, après les accords d'Evian, on sortait de la sale guerre d'Algérie et on goûtait aux joies de la paix, "dans la fièvre de la reconstruction et la conquête du bonheur ménager. Dans un Paris encore lourd des morts de Charonne..."

Il y avait à l'époque des faits "porteurs d'avenir" et on pouvait encore fredonner "Le temps des cerises" et "L'internationale".

Nostalgie obsolète et stupide dans une Europe corsetée par les oligarchies financières ?

Ou bien résignation des populations accablées par le déclinisme ?

Sol lucet omnibus*

le soleil luit pour tout le monde


NB/ "Le joli mai" : Paris en mai 1962, filmé par Chris Marker et Pierre Lhomme. Texte dit par Yves Montand. Musique de Michel Legrand. Prix FIPRESCI au Festival de Cannes 1963

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