Vive la Nation!

Le deux-cent-vingt-quatrième anniversaire de la victoire des sans-culottes à Valmy pourrait être l'occasion de réfléchir au bien-fondé des "valeurs" de la gauche en nous permettant de sortir du marasme idéologique dans lequel nous sommes en train de nous noyer...

Je ne pouvais laisser passer la date anniversaire de Valmy sans revenir sur ces fondamentaux qui m'accompagnent depuis sept ans pour l'écriture de ce blog, au risque de me répéter...

Bouvines (1214) et Valmy (1792) sont des moments essentiels de l'histoire de France. Si la victoire de Philippe-Auguste, accomplie grâce à l'intervention massive des milices communales, est comme l'a fait remarquer Jean Favier "la première manifestation de l'unité nationale", la victoire des sans-culottes sous le moulin de Valmy, qui crient à pleins poumons "Vive la nation !", marque bien la naissance de la nation française et va générer la république.

Cette idée de nation est chargée d'un sens suffisamment positif pour que le philosophe Kant et le poète Goethe voient dans ce cri fondateur l'annonce d'une ère nouvelle. Depuis lors, le mot nation est étroitement associé à l'idée de liberté et à celle d'indépendance ; c'est en référence à ces principes que furent constituées après les deux guerres mondiales, "la Société des nations", puis "l'Organisation des nations unies".

En 1871, les Communeux, héritiers des sans-culottes, fouettés dans leur patriotisme face à l'invasion prussienne, ont fait leur révolution communaliste qui s'est mutée en désir de fraternité pour l'avènement d'une république universelle.  

Autrement dit au "Vive la nation  !" de 1792 correspond le "Vive la Commune !" de 1871.

Aujourd'hui, la nation est-elle encore une entité pertinente à l'heure de la construction européenne et face aux défis de l'immigration ?

N'en déplaise aux chantres des droits du sang ou des droits du sol, l'adhésion aux principes républicains et la pratique de la langue nationale devraient être des critères suffisants pour appartenir à une même communauté politique.

Le vénézuélien Miranda est un héros de Valmy et le polonais Dombrowski est mort sur l'une des barricades de la semaine sanglante... Ils étaient tous les deux citoyens de la république française, membres de la nation.

Ainsi le patriotisme national est-il le meilleur vecteur conduisant à l'ouverture sur le monde !

La nation est une idée géopolitique, elle est et reste révolutionnaire.

Eugène Pottier a écrit "L'Internationale" en juin 1871.

NB/ à recommander vivement : l'excellent essai d'Henri Guillemin "Nationalistes et Nationaux", qui remet bien les pendules à l'heure... et puis-je rappeler que mon film "Valmy et la naissance de la République" est à disposition de visionnage sur Mediapart depuis le décès de Lény Escudero qui en est l'interprète principal. 

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