La France du rejet

En s'abstenant de participer à la mascarade électorale du 20 juin, deux Français sur trois (31 millions d'électeurs) ont exprimé leur dégoût de ce système de démocratie représentative, manipulé par les sondages d'opinion et oblitéré par les ambitions personnelles...

...mais la bonne nouvelle est que ce "front du refus" vient de concerner aussi les électrices et les électeurs qui s'étaient réfugiés dans le vote protestataire en allant porter leurs bulletins à la secte nationaliste de Marine Le Pen ! Après avoir été le FN, le RN est devenu le FR.

Il y aurait donc une prise de conscience de la nullité démocratique de la Ve République et de son iniquité électorale, dans un système dit régional et local qui aurait du - comble du paradoxe - exprimer les points de vue de "la France d'en bas" et de ses soucis quotidiens. Mais faut-il rappeler qu'il s'agit en fait du résultat navrant de cette tentative ratée de réforme régionaliste que François Hollande avait ordonnée afin de mettre un paravent pour masquer sa gouvernance jacobine et technocratique.

Nous sommes bien loin évidemment des micro-sociétés autonomes, solidaires et fédérés qui pourraient supplanter le délabrement étatique aux prises avec une crise sanitaire aggravée par un marasme économique et social majeur, mais ces binômes cantonaux sont en quelque sorte une avant-garde de la gestion collective que nous appelons de nos voeux, comme en témoignent tous le billets de ce blog.

Il n'en reste pas moins que ce chiffre de 66% marque probablement la fin d'un vieux monde de faux semblants et de magouilles en tous genres, et qu'il sera désormais indispensable de revoir le fonctionnement de notre démocratie afin que la population y retrouve son compte.

A un moment où on aurait pu s'interroger sur la signification politique des paroles de "l'Internationale" - dont c'est le cent-cinquantenaire  ! - n'y aurait-il pas matière à instaurer un grand débat national comme ce fut le cas en 1788 et 1789 ?

De nouveaux "Etats Généraux" pour refonder la République.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.