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Billet de blog 21 juillet 2015

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La voiture-balai

Lorsque je me souviens du "Tour de France" cycliste de 1947, le premier tour de l'après-guerre, organisé par Jacques Goddet, avec des équipes nationales, je ne suis pas loin de penser que cette magnifique institution populaire a été peu à peu rongée par le poison de l'argent, qu'elle s'est dévoyée et qu'elle n'est plus, aujourd'hui, qu'une gesticulation commerciale gangrenée par le dopage.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Lorsque je me souviens du "Tour de France" cycliste de 1947, le premier tour de l'après-guerre, organisé par Jacques Goddet, avec des équipes nationales, je ne suis pas loin de penser que cette magnifique institution populaire a été peu à peu rongée par le poison de l'argent, qu'elle s'est dévoyée et qu'elle n'est plus, aujourd'hui, qu'une gesticulation commerciale gangrenée par le dopage.

Sans doute suis-je amené à embellir mes souvenirs adolescents sur ce premier "Tour de France" dans un pays qui savourait le retour des beaux jours ? Mais , je ne peux m'empêcher de rêver aux héros de cette grande boucle : Jean Robic, le petit breton avec son casque de pistard, le champion suisse Ferdi Kubler, le brave italien Brambilla, Fachleitner, et surtout René Vietto flanqué de son fidèle Apo Lazaridès.

Il y eût trois coureurs français dans le classement général des cinq premiers ; et la moyenne horaire de la course fût de 31,5 km/h.

Ce dont je me rappelle bien, c'est l'extraordinaire engouement populaire qu'avait suscité la compétition ainsi que l'atmosphère de joyeuse kermesse qui l'accompagnait, sur des airs de valses musette...

Pourquoi avons-nous laissé abimer ce grand moment de joie collective, ces minutes précieuses d'une fraternité retrouvée ?

Je sais bien que le commerce a ses lois que la citoyenneté ne connait pas, et que l'air du temps est plutôt celui de la compétition tarifée que de l'exploit gratuitement sportif.

Mais de là à ternir sinon à maculer cette épopée arthurienne dont Antoine Blondin* fut le Chrestien de Troyes, c'est infiniment regrettable.

Reste le spectacle, parfois grandiose car il associe l'effort physique avec la beauté des paysages. Et il donne au service public de la télévison, une occasion annuelle de justifier son existence.

Où donc est passée la "sorcière aux dents vertes" ?

* il est aussi l'auteur de cette boutade :"l'homme descend du songe".

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